Question de Karine Lalieux à Charles Michel, Premier ministre, sur le Pacte énergétique

Monsieur le premier ministre, la seule vraie question qui se pose ici est celle de la crédibilité de votre gouvernement – dont les membres ne sont, pour le moment, pas très nombreux dans cet hémicycle.

 

Que vaut encore la parole d'un premier ministre dans notre pays? Votre accord de majorité énonce que "toutes les centrales fermeront en 2025". Récemment, devant cette assemblée, vous-même vous l'avez rappelé lors de votre discours d'état de l'Union. 

 

Hier, dans un communiqué qui se voulait viril, mais aussi très ambigu, monsieur le premier ministre, vous avez fait mine de montrer les crocs en déclarant que vous ne laisseriez personne torpiller le Pacte énergétique.

 

La N-VA – qui est absente en cette assemblée, en tout cas, ses ministres – n'a visiblement pas du tout été impressionnée par votre petite sortie autoritaire. Les députés nationalistes ont continué à dire – à commencer par M. Wollants, dont j'ai entendu l'interview sur RTL – qu'il était hors de question de sortir du nucléaire en 2025. Ce matin encore, votre principal vice-premier ministre a dit exactement la même chose: "Il est impossible de sortir du nucléaire." En d'autres termes, monsieur le premier ministre, ils se sont essuyé les pieds sur votre accord de majorité. Ils vous ont fait ravaler votre parole, de sorte que votre gouvernement est en lambeaux.

 

Évidemment, ce sont Bart De Wever et ses vice-premiers ministres que sont les fédérations patronales qui ont sifflé la fin de la récré, le mot d'ordre étant: "Tout au nucléaire, dont le business doit se poursuivre en Belgique." 

 

J'en viens à la question du chiffrage. Monsieur le premier ministre, nous avons organisé des auditions ce mardi  à propos du Pacte énergétique. Elia, la CREG, le Bureau du Plan sont venus. Ce dernier a même donné des chiffres, estimant qu'il était possible de sortir du nucléaire. Alors, ne nous dites pas qu'il faut chiffrer ce programme! Il l'est déjà. Simplement, vous êtes incapable de faire respecter votre accord de gouvernement et votre parole au sein de votre propre équipe. Encore une fois, monsieur le premier ministre, c'est la N-VA qui fait la loi dans votre gouvernement.

 

Et qui devra payer, monsieur le premier ministre? Ce sont tous les acteurs énergétiques, en particulier, nos concitoyens sur le plan de l'environnement et de la sécurité.

 

J'ai une seule question à vous poser, monsieur le premier ministre. Quand allez-vous enfin respecter votre accord de gouvernement et tenir votre propre parole promettant la fermeture de toutes les centrales nucléaires en 2025?

Réponse de Charles Michel

Très chers collègues, d'abord une première remarque en réaction au dernier intervenant et à d'autres. Je me souviens, il y a trois ans, lors des débats dans le cadre de l'accord de gouvernement, des critiques dures, violentes, virulentes de l'opposition sur notre stratégie en matière énergétique. Je me réjouis de constater aujourd'hui que beaucoup dans l'opposition nous encouragent à exécuter cet accord de gouvernement. C'est donc une évolution qui nous fait plaisir!

 

Monsieur le président, je partage l'analyse selon laquelle le Pacte énergétique est évidemment un sujet sérieux, un sujet fondamental, un sujet substantiel et qui, je crois, ne se prête pas à des approximations, à des contre-vérités ni à l'un ou l'autre simplisme. Je vais donc tenter de répondre aux interpellations légitimes, démocratiques adressées par le parlement avec le sérieux qui convient à un sujet tel que celui-là.

 

Contrairement à ce que j'ai entendu, une décision a été prise par le gouvernement qui traduit l'accord de gouvernement et qui a été votée par le parlement. La décision a été prise. Elle prévoit la sortie du nucléaire en 2025. Je maintiens cet objectif avec détermination! 

 

Dans ce cadre-là, parce que nous sommes des gens sérieux, nous allons effectivement, dans le Pacte énergétique et comme l'accord de gouvernement le prévoit, traduire la capacité d'atteindre les objectifs.

 

Certains ont ici de l'expérience. Certains siègent dans cette assemblée depuis longtemps. En 2003, nous adoptons la première législation pour sortir de l'énergie nucléaire. Pour la première fois, grâce aux travaux engagés des ministres de l'Énergie ces dernières semaines et ces derniers mois, nous avons un document qui, à nos yeux, n'est pas encore finalisé mais qui est une base solide pour nous permettre de poursuivre le travail autour de quatre objectifs qui figurent dans l'accord de gouvernement, quatre objectifs qui, je l'espère et je le pense, sont largement partagés au-delà des différences entre majorité et opposition.

 

Wat zijn onze vier belangrijke doelstellingen?

 

Ten eerste zullen wij, met een zeer sterk engagement, verder werken aan de bevoorradingszekerheid. Dat is geen detail voor ons. Dat is absoluut geen detail. Wij willen de zekerheid krijgen dat de bevoorradingszekerheid een realiteit is en zal blijven. Dat is een kwestie van verantwoordelijkheid.

 

Ten tweede, en dat is ook geen detail, zullen wij oog hebben voor de effecten van ons energiepact op de tarieven voor de gezinnen en voor de bedrijven, voor de competitiviteit en de jobcreatie. Dat is ook geen detail.

 

Ten derde, natuurlijk zullen wij ook oog hebben voor de veiligheid. Dat was trouwens een opmerking die sommige leden van de oppositie aanbrachten.

 

La sécurité des infrastructures est évidemment très importante.

 

Quatrième point: la mobilisation est nécessaire autour des engagements climatiques, dans le cadre desquels l'Union européenne et la Belgique entendent pleinement jouer leur rôle sur le plan international.

 

Ik wil zeer vrank en open zijn, met de nodige nuances. Dat zijn vier belangrijke principes maar het is correct dat er niet noodzakelijk een spontane convergentie is tussen de vier principes. Het moet de bedoeling zijn van de regeringen, naar ik hoop met steun van de parlementen, om daar de juiste keuzes te maken en de juiste beslissingen te nemen.

 

Oui, je l'affirme, je l'assume et le revendique! Nous considérons qu'il est nécessaire, comme le considèrent également les gouvernements qui ont déjà marqué des avancées sur ce pacte, de travailler avec les entités fédérées ainsi que les acteurs économiques et la société civile afin de s'assurer que les projections financières se traduisent, pour chacun des quatre principes, d'une manière dont on mesure bien toutes les conséquences.

 

Monsieur Nollet, je vous le dis avec gentillesse et amabilité, je vous estime énormément. Mais lorsque vous me demandez à quoi sert de chiffrer un Pacte énergétique, je comprends qu'en effet, par le passé en ce qui concerne le photovoltaïque en Wallonie, on avait préféré ne pas le chiffrer avec, en conséquence, une facture pour les citoyens.

 

Monsieur le président, j'aimerais intervenir sur un dernier point extrêmement important parce que je veux être sérieux.

 

De laatste drie jaar hebben wij veel gewerkt voor de klimaatakkoorden en aan de transitie in ons energiebeleid. Ik geef u daarvan een overzicht in enkele punten omdat het naar mijn aanvoelen nodig is de geheugens op te frissen.

 

Premier point: nous avons pris des décisions substantielles, grâce au ministre concerné, en matière de soutien à l'éolien offshore. C'est l'équivalent en 2020 de deux centrales nucléaires grâce à nos décisions, tout en réduisant l'impact sur les factures des consommateurs par rapport au modèle que vous aviez validé sous les précédents gouvernements.

 

Deuxième point: les interconnexions. Nous avons inauguré, il y a quelques semaines, des infrastructures très importantes à Zeebrugge pour renforcer notre capacité à faire face demain et après-demain, dans le Pacte énergétique, à cette nécessité de dimension européenne régionale sur le plan énergétique.

 

Troisième élément au sujet duquel pas un mot n'a été dit et je le regrette: je suis fier d'avoir été à Paris annoncer au nom de tout le gouvernement, de tous les partis, que nous serons le deuxième pays en Europe qui émettra en 2018 des obligations vertes pour 5 milliards d'euros d'investissement dans le transport propre, dans les énergies renouvelables et dans l'efficacité énergétique. Voilà des faits et des résultats!

 

Monsieur le président, vous l'avez compris, nous ne sommes pas impressionnés par la faiblesse des arguments que nous avons entendus ce midi. Nous allons continuer notre travail sérieusement, avec détermination et je prends l'engagement qu'il y aura en 2018 un Pacte énergétique crédible qui assurera la conviction que nous portons avec vous: rencontrer les quatre objectifs que j'ai déterminés et faire en sorte que nous soyons à la hauteur du rendez-vous pour les générations qui nous suivront.

Réplique de Karine Lalieux

Quand on demande de faire preuve de respect à l'égard d'un premier ministre, ce dernier doit être respecté par son gouvernement et tous les partenaires de la majorité doivent respecter ses paroles. Ce n'est pas ce que vous faites.

 

 

 

Et si je dis "Monsieur Michel", c'est parce que la N-VA ne le traite pas en tant que premier ministre.

 

 

 

Quand le premier ministre nous parle du coût de la facture pour les ménages, il se moque de nous. La première décision qui a été prise en matière d'électricité, en matière énergétique a été d'augmenter la TVA pour tous les ménages en la faisant passer de 6 à 21 %. Voilà ce que vous avez fait jusqu'à présent pour les ménages, monsieur le premier ministre. Alors, vous étiez là et vous étiez fort.

 

 

 

Mais vous n'êtes pas là quand il s'agit de garantir la sécurité de la population face au risque nucléaire. Vous n'êtes pas là parce que la N-VA ne le veut pas. Vous n'êtes pas là quand il s'agit de dire "non" à la N-VA. Vous n'êtes pas là quand il s'agit de réduire le survol de Bruxelles. Vous n'êtes pas là pour faire rouler le RER dans le Sud du pays.

 

 

 

Monsieur le premier ministre, la population en a assez de votre incapacité répétée à faire respecter un accord de gouvernement, un accord validé par quatre ministres, dont d'ailleurs un ministre MR, M. Crucke. Cet accord n'avait d'ailleurs pas besoin d'être chiffré pour le faire passer ce matin sur la table du gouvernement.

 

 

Monsieur le premier ministre, vos vociférations n'ont pas réussi à cacher le silence de la N-VA quand vous avez parlé de la sortie du nucléaire en 2025.


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