Question de Nawal Ben Hamou à Jan Jambon, ministre de l'Intérieur, sur le manque d'effectif à la police de la route

Monsieur le président, monsieur le ministre, chers collègues, en décembre dernier, la police de la route n'était déjà plus en mesure d'effectuer les contrôles d'alcoolémie lors de l'opération BOB en raison d'un manque de personnel.

 

Les accidents de la route, faut-il le rappeler, ont causé 1 300 morts et plus de 100 000 blessés au cours des deux dernières années. Faute d'effectifs, la sécurité quotidienne des citoyens n'est pas garantie. La police de la route connaît un manque de personnel particulièrement criant: de 16 à 42 %, si l'on analyse les chiffres province par province. Aucune d'entre elles n'atteint le nombre de policiers fixé par le cadre organique. Vous savez que c'est aussi le cas dans de nombreux autres services de police. Nous ne cessons de le dénoncer.

 

Cette situation est bien le résultat de votre politique d'austérité, menée aux dépens de la sécurité de tous. Aujourd'hui, le déficit est de 2 800 policiers, situation appelée à se dégrader avec les départs à la retraite. Si rien n'est fait, il manquera entre 4 500 et 5 000 policiers.

 

Mmonsieur le ministre, relever la norme à 1 600 recrutements après l'avoir baissée, ne suffit pas à combler cette pénurie. Quelles mesures comptez-vous prendre pour résoudre ce problème? Comment entendez-vous résorber la différence entre les provinces francophones et néerlando­phones en la matière, afin de garantir la sécurité de tous?

Réponse de Jan Jambon

Même si le problème que vous venez de soulever est bien réel, je dois cependant vous contredire : le nombre de victimes sur les routes diminue même s’il reste encore significatif. On ne va certainement pas réduire les efforts mais les chiffres diminuent, c’est la bonne nouvelle. Par ailleurs, sous cette législature, si on a arrêté de faire des économies dans le domaine de la police, économies qui ont duré des années, il y a cependant encore des déficits significatifs dans certains services de la police fédérale, mais on est en train de rattraper le retard. Comme vous l'avez dit, j'ai recruté 1 600 personnes l'an dernier qui sont encore dans les écoles. Vous savez comme moi que la formation dure au moins un an. Les recrues seront bientôt diplômés. Cette année, on procédera à 1 400 recrutements et en 2018 à nouveau à1 400 recrutements.

 

Vous savez très bien qu’à la demande des syndicats, entre autres les syndicats des policiers routiers, on a arrêté les coupes dans le budget, ce qui a libéré 15 millions d'euros récurrents qui seront utilisés cette année pour le matériel, les camionnettes et les voitures et pour le recrutement supplémentaire pour la police routière, ce qui portera des résultats en termes de capacité l'année prochaine et les années suivantes.

 

Je suis conscient du problème et on s'y s'attaque, comme on le fait pour tous les problèmes dont nous avons hérité des gouvernements précédents.

Réplique de Nawal Ben Hamou

Monsieur le ministre, vos réponses cachent mal le malaise que provoquent ces chiffres. D'abord, ils tombent à un moment où vous faites passer un texte qui va privatiser une série de missions de police. Ensuite, ils montrent que la répartition des effectifs se fait de manière inéquitable au sud et au nord du pays. Enfin, ce n'est que la partie visible de l'iceberg, puisque ce déficit en effectifs est criant partout dans la police fédérale.

 

Difficile, dans ces circonstances, de ne pas lire dans votre politique un agenda caché visant d'abord à faire profiter les services de sécurité privés, ensuite à régionaliser notre police ou, en tout cas, à démanteler des services entiers. Il s'agit là de pratiques que mon groupe dénonce avec force. Et là, je m'adresse aux élus du MR, qui se font complices de cette politique et devront en répondre!


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