Question de Nawal Ben Hamou à Jan Jambon, ministre de l'Intérieur, sur la grogne au sein de la police

Monsieur le ministre, comme vous le savez, depuis des mois, les conditions de travail des policiers se dégradent de jour en jour et provoquent chez ces derniers un ras-le-bol généralisé: manque de moyens, recrutement insuffisant, pression continue, multiplication des tâches liées à la menace terroriste. Les hommes et les femmes de terrain n'en peuvent plus et rien n'est fait pour les soulager, afin qu'ils puissent assurer un service adéquat aux citoyens.

 

Aujourd'hui, c'est l'avancement barémique d'au moins 40 divisionnaires qui vient s'ajouter à la grogne. Si cette problématique n'est pas neuve, elle prend une dimension particulière, dans ce contexte général. Elle illustre le désarroi des policiers, en l'occurrence de certains cadres supérieurs, qui évoquent la possibilité de faire valoir leurs droits par voie de justice pour se faire entendre du ministre.

 

Monsieur le ministre, mon groupe est d'avis que l'ensemble des services de police, compte tenu de son action déterminante et essentielle dans la lutte contre le terrorisme, méritent d'être traités avec respect, depuis l'agent de police jusqu'au cadre supérieur. Le minimum est de mettre tout en oeuvre pour faire respecter leurs droits. Mes questions en découlent.

 

Combien de commissaires sont-ils concernés par la situation dénoncée par les organisations de travailleurs à ce jour? Quels éléments vous ont-ils empêché, à ce stade, de réunir la commission de sept personnes chargées d'examiner les dossiers au cas par cas? Quel est l'impact budgétaire global qui vous fait reculer dans ce dossier? Plus largement, qu'en est-il aujourd'hui de la négociation sociale avec les organisations représentatives des policiers? Un calendrier de discussions est-il encore prévu?

Réponse de Jan Jambon

Madame Ben Hamou, je vais éclairer quelques points. En ce qui concerne la concertation syndicale, comme je l'ai dit au parlement à plusieurs reprises, nous avons rencontré les syndicats il y a deux semaines.

 

Je les rencontrerai de nouveau demain, en lien avec ce préavis de grève, pour les informer du résultat du contrôle budgétaire. Nous avons déjà pris quelques contacts. Nous sommes assez satisfaits des résultats obtenus jusqu'à présent. C'est une chose.

 

Deuxièmement, en ce qui concerne les recrutements au sein de la police, comme je l'ai déjà dit ici, à plusieurs reprises, nous avons recruté l'année dernière 1 600 personnes. Elles sont actuellement dans les écoles. C'est ainsi: nous devons recruter, sélectionner et puis former les gens. Après ce cycle d'un an et demi, nous pouvons les intégrer dans les corps de police et dans la police fédérale. Nous l'avons fait en 2016. Nous en engageons 1 400 cette année-ci et 1 400 les deux années à venir. Cela résoudra le problème de capacité au niveau de la police fédérale. Dans ce cas, le renforcement via des HyCap des zones locales pour la police fédérale sera sous contrôle.

 

Troisièmement, vous faites référence aux barèmes O7 et O8. Vous avez raison. Ce dossier traîne depuis des années déjà. C'est un des dossiers que j'ai pris en main quand j'ai accepté cette responsabilité. La situation actuelle est que le comité de concertation entre les polices locales et la police fédérale a donné son feu vert à une proposition. Cette proposition a été transférée vers le Conseil des bourgmestres, parce que les bourgmestres sont concernés. Dans la plupart des cas, ils sont chefs de corps. Ils ont accueilli cette proposition positivement. Le dossier va maintenant poursuivre la procédure normale. Je pense que nous pourrons clôturer ce dossier en faveur des cadres aux barèmes O7 et O8 cette année.

Réplique de Nawal Ben Hamou

Monsieur le ministre, merci pour vos réponses. Vous avez commencé par évoquer le recrutement des policiers. Néanmoins, je vous rappelle que vous l'avez baissé à 800 dès votre entrée en fonction. L'opposition a toujours dit que c'était une erreur. Le précédent gouvernement était passé à 1 400 effectifs et vous l'avez passé à 800. Aujourd'hui, vous le reconnaissez: tant mieux!

 

Concernant le dossier des échelles barémiques, j'entends votre volonté de régler le problème. Une solution doit être trouvée. Mais, aujourd'hui, c'est vraiment l'ensemble des travailleurs du secteur policier qui attend des mesures de votre part. Cela devient urgent. Comment assurer la sécurité et le maintien de l'ordre dans notre pays quand les salaires ne suivent pas, qu'il faut travailler avec du matériel vétuste, prester des heures supplémentaires, en exécutant chaque jour de plus en plus de tâches… Les policiers sont épuisés. Il est vraiment temps de trouver des solutions.


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