Question de Laurette Onkelinx à Maggie De Block, ministre de la Santé, sur l'avenir de l'hôpital des enfants Reine Fabiola

Madame la ministre, je m'inquiète beaucoup pour l'avenir de l'Hôpital des Enfants Reine Fabiola. On le sait: c'est un fleuron. Cet hôpital universitaire propose des services autour de l'enfant, comprenant la prise en charge généraliste pédiatrique et celle de problèmes plus aigus comme le cancer et les maladies rares. On vient de partout à l'Hôpital des Enfants, non seulement de Bruxelles, mais de Flandre et de Wallonie. On y vient d'autres pays européens. Il est reconnu comme un fleuron en la matière.

 

L'Hôpital des Enfants a d'abord été victime des économies que vous avez prévues, puisque vous avez ponctionné 300 000 euros dans le B7B. Dernièrement, l'hôpital vous a demandé de confirmer son travail universitaire, ce que vous avez refusé dans un courrier. Ce courrier est interpellant à plus d'un titre.

 

Tout d'abord, je me dis que ce n'est pas vous qui avez véritablement pris la plume. Ce courrier est relativement méprisant pour l'hôpital. On se demande de quelle manière on exécute vraiment des missions académiques là-bas. On se demande quelle est vraiment la stratégie générale de cet hôpital. Je trouve cela étonnant.

 

Et d'un autre côté, ce courrier affirme qu'il y a à Bruxelles beaucoup de services de type universitaire. Est-ce bien normal? On se demande d'ailleurs ce que ce questionnement sur Bruxelles a à faire dans ce courier-là.

 

Depuis ce courrier, de nombreux travailleurs, de nombreux patients et de nombreuses familles de patients s'inquiètent. Quelle est votre vision pour l'avenir de cet hôpital? Vous allez me répondre, mais vous allez en même temps répondre à toutes celles et à tous ceux qui, pour le moment, s'inquiètent et forment une chaîne pour revendiquer que l'hôpital universitaire des enfants conserve sa place de pôle de référence au profit des enfants.

Réponse de Maggie De Block

Madame Onkelinx, à l'avenir, chaque hôpital devra faire partie d'un réseau clinique loco-régional. Les missions suprarégionales ne seront disponibles que dans un nombre limité de centres de référence. Il faut donc déterminer pour chacune des missions de soins quels centres sont les plus adéquats. Ces points de référence peuvent se situer tant dans des hôpitaux académiques que dans des hôpitaux généraux.

 

L'Hôpital des Enfants en question est un centre très important dans le domaine de la médecine pédiatrique. L'hôpital a introduit une demande de désignation de la totalité de ses services, fonctions et programmes de soins comme étant universitaires.

 

Il est exact qu'il y a sept hôpitaux universitaires en Belgique. Il s'agit d'hôpitaux liés à une Faculté de Médecine suivant le programme d'études complet d'une université. Cependant, les hôpitaux généraux ont la possibilité de demander au ministre fédéral de désigner partiellement ou totalement leurs services comme étant universitaires, à condition de répondre à certains critères. Toutefois, cela ne représente nullement un droit automatiquement acquis ou exécutoire. L'hôpital de Mont-Godinne est le seul exemple d'un hôpital général, dont la totalité des services, fonctions et programmes de soins ont été désignés comme universitaires.

 

Comme vous le savez, l'Hôpital des Enfants Reine Fabiola a reçu une telle désignation de la part du ministre Demotte en 2007, mais cette décision avait été annulée par le Conseil d'État. Ensuite, vous étiez vous-même en charge de la Santé et je constate que n'avez jamais réagi dans ce dossier.

 

L'année dernière, l'hôpital a introduit une nouvelle demande. J'ai évalué cette demande et lui ai donné une réponse négative. Dans ma réponse, j'ai avancé plusieurs arguments, mais la raison principale est sans doute la constatation que sept hôpitaux universitaires – dont trois se trouvent sur le territoire de la Région de Bruxelles-Capitale – suffisent largement pour arriver à assurer les missions universitaires.

 

Il ne s'agit en aucun cas d'une remise en question des soins fournis au sein de l'hôpital ou de son expertise. Ceci ne signifie pas non plus que l'avenir de l'hôpital est menacé.

Réplique de Laurette Onkelinx

Monsieur le président, madame la ministre, j'ai devant moi un document qui provient de vos services, document qui prévoit que les fonctions pédiatriques tertiaires, l'oncologie pédiatrique, l'hémato-oncologie pédiatrique, les soins intensifs pédiatriques, c'est-à-dire les fonctions principales de l'Hôpital des Enfants ne pourront exister que dans un certain nombres d'hôpitaux universitaires.

 

Madame la ministre, si ce document est confirmé, non seulement l'Hôpital des Enfants ne pourra plus porter le titre d'hôpital universitaire, mais la survie de cet hôpital de référence spécialisé dans la prise en charge des enfants est également mise en cause.

 

Si tel n'est pas le cas, je vous demande de rassurer au plus vite les équipes de l'Hôpital des Enfants qui le méritent, d'autant que, à la suite de votre courrier, des rumeurs courent non seulement au sujet de ce dernier, mais aussi et surtout au sujet du pôle public des hôpitaux à Bruxelles: Bordet s'inquiète, notamment, pour ne parler que de cet hôpital spécialisé.

 

Je vous réinterrogerai. Soit, vous dites à l'Hôpital des enfants qu'il pourra poursuivre ses activités en tant qu'hôpital de référence, soit vous ne confirmez pas et, dans ce cas, vous aurez un vrai problème avec toutes celles et tous ceux pour qui l'Hôpital des Enfants doit continuer à exister, car il constitue un élément fondamental dans notre offre de soins au profit des enfants.


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