Levée du secret professionnel des CPAS : Willy Borsus, sourd à l’appel du terrain, mais prêt à aller encore plus loin

Demain, en Commission de Lutte contre le terrorisme, la majorité adoptera un texte qui mettra clairement à mal le secret professionnel des CPAS et des membres des institutions de sécurité sociale. Un texte contre lequel le Groupe PS s’est opposé depuis le départ. Ce texte obligera les CPAS à fournir au procureur du Roi les renseignements administratifs jugés nécessaires à une enquête terroriste. Mais surtout, il obligera les assistants sociaux à communiquer spontanément toutes informations dignes de constituer des indices sérieux d'une infraction terroriste.

 

Aujourd’hui, un large front commun composé des Fédérations de CPAS, des syndicats, des Ligues des droits de l’Homme, des Réseaux de lutte contre la pauvreté ainsi que diverses associations de défense des droits sociaux a tiré la sonnette d’alarme.

 

Le député PS Eric Massin a donc interrogé le ministre de l’Intégration sociale en séance plénière sur cette importante levée de boucliers. Et les réponses du ministre n’ont pas du tout rassuré le député qui se dit aujourd’hui plus inquiet encore : « le ministre a en effet clairement indiqué qu’il soutenait le texte déposé par la N-VA mais surtout qu’il envisageait même de l’étendre à toutes les infractions graves, et donc plus seulement aux faits de terrorisme. Les masques tombent ! Et comme nous le dénoncions depuis longtemps, le gouvernement semble avoir décidé de réduire le secret professionnel des assistants sociaux à peau de chagrin ! »

 

Pour le Groupe PS, le secret professionnel est une condition indispensable à l’instauration d’une relation de confiance entre le demandeur et le travailleur social. Le Gouvernement impose ici sa vision sans avoir pris en compte les inquiétudes justifiées des professionnels de terrain.

 

Pour Eric Massin, le texte qui sera voté en commission demain est déjà bien trop vague : « si nous soutenons toute initiative qui pourrait s’avérer utile pour la lutte contre le terrorisme, ces nouvelles mesures ouvriront inévitablement la porte à l’arbitraire. Mais surtout, elles feront peser une responsabilité bien trop lourde sur les épaules des travailleurs sociaux, mettant ainsi en péril la qualité de leur travail. Nous ne pouvons accepter que les assistants sociaux deviennent à l’avenir des auxiliaires de police ou de justice ! »

 

Pour le Groupe PS, mettre ainsi à mal le secret professionnel n’augmentera pas la sécurité de tous, mais mettra surtout en danger les droits fondamentaux des personnes les plus précaires.


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