Question d'Eric Thiébaut à Charles Michel, Premier ministre, sur l'avenir de la Protection civile

Monsieur le président, monsieur le premier ministre, il y a quelques mois, en commission de l'Intérieur, le ministre Jambon est venu nous exposer sa réforme de la protection civile. En résumé, le ministre voudrait réduire les missions de ces services, transférer une partie du personnel de la protection civile vers les zones de secours et surtout, il voudrait réduire le nombre de casernes qui protègent le pays de six aujourd'hui, trois au Nord et trois au Sud du pays, à deux, une au Nord et une au Sud du pays.

 

Je pense, monsieur le premier ministre, que c'est un très mauvais projet pour la protection civile. C'est un projet qui va réduire la protection des citoyens et allonger les délais d'intervention en cas de catastrophe. Je ne partage absolument pas la vision du ministre de l'Intérieur.

 

Ceci étant dit, aujourd'hui, il y a des travailleurs qui attendent des décisions concrètes, des clarifications sur cette réforme. Ils sont 1 100 travailleurs: 450 professionnels et 650 volontaires. En particulier, ils sont dans l'attente d'une décision sur le choix des deux casernes qui seront maintenues dans le pays.

 

Hier, j'ai posé la question au ministre en commission de l'Intérieur. Il a affirmé qu'il y avait au niveau du gouvernement un blocage dû au CD&V. Si c'est le cas, je dois féliciter mes collègues du CD&V pour leur clairvoyance, d'autant qu'il ressort des informations glanées dans les coulisses du ministère de l'Intérieur que le choix se porterait finalement sur les casernes de Brasschaat au Nord et de Crisnée au Sud. Ce choix serait évidemment basé sur des critères tout à fait objectifs et serait sans lien avec le fait que Brasschaat fait partie de la commune dont M. le ministre Jambon est bourgmestre et que Crisnée est la commune dont notre collègue du MR M. Goffin est bourgmestre. Ce sont des choix de goed bestuur tout à fait objectifs.

 

Monsieur le premier ministre, je vois que vous êtes dubitatif. Je voudrais, d'une part, simplement savoir si vous partagez la vision de la protection civile proposée par le ministre de l'Intérieur. D'autre part, quelle est la nature du blocage qui empêche aujourd'hui les travailleurs de la protection civile d'être rassurés quant à leur avenir?

Réponse de Charles Michel

Monsieur le président, cher collègue, je veux vraiment rassurer l'ensemble des membres de notre assemblée. Nous partageons tous le même objectif. Si une réforme est menée pour la protection civile et pour la sécurité civile, c'est dans le but de rendre plus optimal le fonctionnement et la capacité d'agir.

 

En effet, je le confirme - nous l'assumons - l'accord de gouvernement prévoyait une volonté d'agir pour tenter d'optimaliser le fonctionnement de la protection civile en le rendant davantage complémentaire avec les missions qui sont menées au départ des zones de secours. L'accord de gouvernement prévoit, d'ailleurs, la possibilité de d'établir des accords de coopération entre les zones de secours et la protection civile. La démarche que nous préconisons est une démarche de spécialisation, misée sur une capacité de développer des fonctions plus spécialisées au départ de la protection civile. Et je vous confirme exactement, comme le ministre Jambon l'a indiqué en commission, non pas qu'il y a un blocage au sein du gouvernement mais qu'un débat y est en cours.

 

Nous allons continuer à travailler intensément dans les jours qui viennent, afin d'être en mesure de décider le plus rapidement possible sur les quelques derniers arbitrages, qui concernent certains points en lien avec la localisation des casernes, avec la volonté de prendre en compte les critères utiles par rapport à cette dynamique.

 

Je veux également indiquer que notre intention est évidemment de veiller à avoir un dialogue de qualité avec le personnel concerné. Et moi, je veux saluer le travail mené par les professionnels, par les volontaires qui, souvent, dans des moments difficiles, des moments de catastrophe potentielle, sont confrontés à mener un travail qui est complexe et pour lequel nous devons saluer les efforts réalisés.

 

En tout état de cause, nous respectons le travail accompli, raison pour laquelle nous voulons entamer une réforme avec l'ensemble des personnes directement concernées. Nul doute que nous aurons l'occasion, monsieur le député - je sais que le sujet vous intéresse beaucoup - de prolonger les débats parlementaires, dès lors que rapidement, je l'espère, le gouvernement tranchera les dernières questions en lien avec cet important sujet.

Réplique d'Eric Thiébaut

Monsieur le premier ministre, je suis quelque peu déçu que vous me confirmiez la mort de quatre casernes dans le pays. Encore des réductions finalement des services fédéraux, qui s'inscrivent dans la même lignée de ce qui se fait au niveau de la Défense et qui suit, évidemment, les vues et la stratégie de votre partenaire NV-A dans la majorité!

 

Eu égard aux choix futurs, je pense que les casernes de Liedekerke et de Jabbeke sont de très bons choix. J'observe mon collègue Bogaert de Jabbeke qui, j'en suis certain, est également très sensible à la question du maintien de la caserne de Jabbeke.

 

Aussi, je vous invite à continuer votre combat pour tenter de freiner cette réforme qui aura de très mauvaises conséquences pour la population.


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