Un renforcement de bpost doit préserver l’actionnariat public majoritaire de l’entreprise, maintenir des emplois et un service public de qualité

Ce mercredi en commission, la majorité MR/N-VA a refusé la tenue d’un débat serein et transparent sur le statut de bpost, qui pourrait quitter le giron des entreprises publiques belges dans le cadre d’un éventuel rachat de Post NL. Pour les députés socialistes, un débat s’imposait pourtant pour rappeler les lignes rouges à ne pas franchir : garantie du maintien de l’actionnaire public majoritaire, garantie du maintien des emplois actuels, et garantie du maintien d'un service public de qualité.

 

Pour le Groupe PS, ces exigences sont aujourd’hui clairement remises en cause par la privatisation annoncée de bpost et le refus du débat par la majorité MR/N-VA. Au-delà d’un choix idéologique, rien de ne permet d’affirmer que la disparition du statut public représentera une plus-value pour les travailleurs, les citoyens et l’ancrage belges.

 

La députée PS Karine Lalieux précise : « un renforcement de la position de Bpost n’a jamais été un tabou. Le PS a toujours œuvré pour des entreprises publiques fortes. C’est d’ailleurs sous la tutelle des ministres socialistes que bpost est devenu à la fois l’une des entreprises postales les plus performantes d’Europe et une entreprise publique belge garante d’une haute qualité de prestations, d’importantes missions de service public et d’emplois stables dans un contexte social apaisé. »

 

La privatisation redoutée par les travailleurs mais préparée depuis des mois par le gouvernement fait craindre que l’entreprise entre dans une logique de rendement à court terme qui augmenterait la pression sur les salaires et sur les statuts des travailleurs. Pour Karine Lalieux, « c’est d’autant plus choquant que le gouvernement vient d’autoriser bpost à faire appel sans restriction à des ‘sous-traitant’ et des ‘indépendants’, avec les diminutions de protection sociale que cela pourrait entraîner. »

 

Bpost privatisée, ce sera aussi et certainement le retour du salaire à la hausse pour le CEO, puisque le plafond imposé par le gouvernement Di Rupo n’existera plus. Comme l’avait déjà laissé sous-entendre le ministre De Croo il y a plusieurs mois…

 

Qui dit perte du statut d’entreprise publique dit aussi suppression des contrats de gestion. Karine Lalieux s’interroge : « quid des exigences liées aux missions de service public ? Comment pourra-t-on imposer des délais raisonnables de livraison, de temps d’attente aux guichets ? Quels seront encore les leviers pour pouvoir imposer une diversification du personnel, l’accessibilité des bureaux de poste pour les personnes à mobilité réduite, l’installation de distributeurs de billets de banque dans toutes les communes du pays ou une réduction de l’impact énergétique ? »

 

Le Groupe PS dénonce enfin l’imposture du gouvernement qui prétend renforcer l’ancrage belge en réduisant sa participation dans bpost (à 40%). Par quel tour de passe-passe, en tombant sous la barre des 50%, l’actionnaire public est-il renforcé, par quel mécanisme l’ancrage belge est-il bétonné ? Aucune déclaration d’intention n’empêchera demain ou après-demain un nouvel actionnaire majoritaire de déplacer le centre de décision de bpost hors des frontières belges. Affirmer le contraire est un flagrant mensonge et un manque de transparence à l’égard des citoyens.


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