Question de Frédéric Daerden à Kris Peeters, ministre de l'Emploi, sur la baisse du taux d'emploi

Monsieur le vice-premier ministre, le premier ministre, lors de l'état de l'union a affirmé n'avoir qu'une obsession: "Jobs! Jobs! Jobs!". Au nom de cette obsession, vous n'avez pas hésité à faire mal. Vous vous êtes attaqués au pouvoir d'achat, il y a eu des hausses de TVA, d'accises, le saut d'index, la modération salariale; vous vous êtes attaqués aux travailleurs âgés, aux pensionnés, aux chômeurs, aux allocataires sociaux, même aux femmes. Seuls les plus nantis ont été épargnés.

 

Aujourd'hui, les masques tombent. Il y a deux jours, Eurostat a communiqué ses chiffres sur le taux d'emploi en Europe et, pour notre pays, ils sont loin d'être positifs. Après toutes ces mesures injustes, nous sommes avec la Finlande le seul pays à voir notre taux d'emploi diminuer. Notre taux d'emploi diminue et on s'éloigne de notre objectif européen.

 

Ce qui est dramatique, c'est que, pour votre gouvernement, cela ne suffit pas. Vous voulez toujours aller plus loin. Selon vous, si cela va mal, ce n'est pas à cause de votre politique, c'est de la faute des travailleurs: ils ne sont pas assez flexibles, ils ne travaillent pas assez! Votre solution: réformer pour détruire les droits des travailleurs, pour mieux les exploiter, pour augmenter la rentabilité des entreprises. Et, pour y arriver, affaiblir leurs représentants, avec aujourd'hui une concertation sociale au point mort.

 

Face à ce constat, allez-vous revoir votre approche, revenir à des solutions imaginées avec les partenaires sociaux et non dictées par le patronat et par votre partenaire N-VA? Allez-vous conditionner les réductions de cotisations, et autres mesures, à la création d'emplois?

Réponse de Kris Peeters

Oui, notre priorité absolue est de créer des emplois.

 

J’ai connaissance du rapport d’Eurostat. On constate en effet une diminution de 0,1%, et avec un taux de 67%, nous ne répondons toujours pas aux attentes que nous et nombre de nos prédécesseurs nourrissions. Ces chiffres ne signifient toutefois pas que plus aucune évolution positive n’est possible. J’espère que nous créerons ces emplois, mais il est parfaitement fallacieux de se servir de cette étude pour affirmer que nous n’allons pas dans la bonne direction. C’est ainsi qu’il ressort des chiffres de l’ONSS que 30 700 emplois ont été créés entre fin 2014 et fin 2015.

 

N’oublions pas que la croissance démographique dans notre pays a été plus rapide que dans les Etats voisins, avec une hausse d’environ 3 % entre 2000 et 2010, alors qu’aux Pays-Bas, elle n’a pas dépassé 1,1%.

 

Nous avons effectivement l’ambition de créer des emplois. C’est la raison d’être de mesures telles que le saut d’index, la diminution des coûts salariaux et les mesures additionnelles pour le travail faisable. De nouveaux emplois pourront ainsi être créés dans les petites entreprises. M. Karel Van Eetvelt, cité par Mme De Coninck, a du reste également indiqué que les travailleurs indépendants avaient déjà créé 10 000 emplois.

 

Au terme de la législature, il apparaîtra que nos choix politiques étaient les bons pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés.

Réplique de Frédéric Daerden

Monsieur le vice-premier ministre, j'ai bien entendu votre réponse.

 

Mais au "Jobs! Jobs! Jobs!" du premier ministre, ma cheffe de groupe avait répondu: "Taxes! Taxes! Taxes!". Le constat est que les taxes sont bien là, et que les jobs n'arrivent pas.

 

Vous n'apportez pas de solution, vous dites simplement: "Ce n'est pas de notre faute, c'est à cause de la démographie." C'est un peu court, monsieur le vice-premier ministre. Pour augmenter le taux d'emploi, il faut réduire le temps de travail et augmenter la consommation intérieure. Croyez-nous!