Question d'Emir Kir à Jan Jambon, ministre de l'Intérieur, sur le "Plan Canal"

Monsieur le président, monsieur le ministre de l'Intérieur, après de nombreuses tergiversations, il semblerait que votre gouvernement adoptera, demain, un plan de lutte contre le radicalisme, à savoir le "Plan Canal", dénommé plan Molenbeek voici encore quelques semaines.

 

J'ai lu un article de presse évoquant un aspect positif de ce plan que je souhaite relever ici. Ainsi, ledit plan met en avant le rôle central de la police locale comme véritable levier pour le contrôle et le dispatching des informations sur les suspects. En effet, pour faire monter les informations vers le haut et les faire redescendre, il est essentiel que la police locale soit consacrée dans ce rôle.

 

Mon groupe se félicite que le gouvernement reconnaisse, enfin, l'importance de la police locale, de la police de proximité dans le cadre d'une politique efficace de lutte contre le radicalisme.

 

Pour le reste, je suis au regret de devoir dire devant tous mes collègues que tant l'approche politique que la méthode de travail nous posent de sérieux problèmes. Il y a dans votre approche politique, monsieur le ministre de l'Intérieur, une forme d'obsession envers Bruxelles. Vous semblez ignorer que le problème du radicalisme touche l'ensemble du pays, à savoir aussi bien la Région bruxelloise que les autres villes du pays.

 

Il faut également tenir compte du poids des mots. Je reviens ici à une phrase que vous avez prononcée. Vous disiez que vous alliez faire le nettoyage à Molenbeek pour expliquer, ensuite, que vous alliez personnellement reprendre le dossier, qu'on irait contrôler dans les maisons, qu'on allait lutter contre le radicalisme à Molenbeek et plus généralement en Région bruxelloise. Ce faisant, vous avez offensé une population, une commune. D'ailleurs, la bourgmestre de Molenbeek a fait immédiatement savoir qu'elle refusait cette mesure.

 

C'était le bashing de Molenbeek et de Bruxelles.

 

Dans un deuxième temps, en début d'année, vous êtes revenu avec une nouvelle formule, le Plan Canal. Pas mal! Mais qu'est-ce pour les Bruxellois? Le Plan Canal, c'est la réurbanisation, le réaménagement autour du Canal. C'est un projet du gouvernement bruxellois. Mépris du gouvernement, mépris de la population. C'est inacceptable!

 

Pourquoi s'obstiner sur les sept communes bruxelloises et Vilvorde que je n'oublie pas? J'en profite pour saluer mon collègue. Comme vous le savez, ma commune fait partie de votre projet. Je n'ai plus de départ vers la Syrie depuis deux ans et je n'ai plus de returnees non plus. Je ne dis pas qu'il n'y en aura plus car il peut toujours y en avoir. Mais, dans certaines communes, il y a des départs vers la Syrie et des returnees. Pourquoi ne sont-elles pas dans le plan? C'est la question de la limite territoriale de votre plan qui pose problème. Le radicalisme ne se limite pas à certaines communes.

 

Monsieur le ministre, quels moyens financiers et humains comptez-vous mettre en œuvre dans le cadre de ce projet? Donnerez-vous les mêmes moyens aux zones de police de la Région bruxelloise pour pouvoir recruter des agents de police, que ceux accordés à la ville d'Anvers?

Réponse de Jan Jambon

Monsieur le président, chers collègues, je n'ai pas l'habitude de réagir à des fuites et des rumeurs dans la presse. Nous présentons demain le plan contre le radicalisme au kern et au gouvernement. Si le gouvernement avalise ce plan, une communication officielle aura lieu demain après-midi. Vous prendrez alors connaissance des détails de ce plan.

 

Je ne souhaite pas réagir maintenant sur ce qui est paru dans la presse et qui n'a pas encore été validé par le gouvernement.

Réplique d'Emir Kir

Comment est-ce possible? On organise des fuites dans la presse, et puis, c'est la presse qui a trouvé une note du ministre de l'Intérieur. Depuis le début de la législature, nous réclamons des moyens pour la police fédérale et locale. Et que faites-vous? Je vais vous le dire. Vous avez diminué les budgets consacrés à la sécurité. Vous qui avez la responsabilité de la sécurité, vous qui devez mener un combat essentiel contre le radicalisme, depuis les attentats, vous acceptez la diminution des budgets.

 

Depuis qu'on a dégagé 400 millions il y a trois mois, on ne constate plus la même virilité. Lorsque vous dites qu'il y a des problèmes dans certains quartiers, vous êtes viril, mais pour aller chercher l'argent qui dort depuis trois mois: rien! Nous n'avons rien entendu depuis trois mois. Chaque minute qui passe est essentielle dans la lutte contre le radicalisme.

 

Monsieur le ministre de l'Intérieur, prenez vos responsabilités et mouillez-vous! Allez chercher ces budgets pour faire en sorte que les moyens de la police fédérale et la police locale soient renfloués!

 

Nous resterons bien entendu vigilants. Nous contrôlerons votre action et nous exigerons que les moyens soient donnés à nos policiers.


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