Question de Julie Fernandez-Fernandez à Charles Michel, Premier ministre, sur les propos attribués à Théo Francken sur les réfugiés

Monsieur le président, monsieur le premier ministre, avant-hier soir, la BBC relatait une déclaration du ministre grec de l'Immigration, M. Yannis Mouzalas, qui prêtait certains propos au secrétaire d'État, Theo Francken, tenus lors d'une réunion informelle du JAI à Amsterdam.

 

Selon le ministre grec, le secrétaire d'État belge à l'Asile et la Migration aurait déclarait ce qui suit: "Je me fiche de savoir si vous les noyez, je veux que vous les repoussiez". S'ils s'avèrent exacts, ces propos sont gravissimes en raison de leur cynisme à l'égard des réfugiés, de leur condition alors qu'encore ce matin, la presse annonçait la mort d'une vingtaine de personnes dont une dizaine d'enfants, suite à un naufrage. Mais ils sont également gravissimes dans la mesure où ils évoquent l'application du principe-même du push back qui veut que l'on repousse les réfugiés à leur arrivée près des côtes. Si un tel principe était adopté par la Belgique, elle ferait de notre pays la Hongrie ou le Danemark du Benelux – puisque ce principe va contre le doit international – au cœur même de l'Europe humaniste.

 

Soit M. Francken a tenu ces propos et, dans ce cas, je suppose que vous les condamnez sans réserve car ils sont indignes d'un membre du gouvernement, soit c'est le ministre grec qui ment et, dans ce cas, on s'inscrirait dans une crise diplomatique qui ne pourrait prendre fin qu'avec les excuses de la Grèce.

Monsieur le premier ministre, avez-vous été informé des faits? Comment avez-vous réagi? Avez-vous eu ou votre ministre des Affaires étrangères a-t-il eu des contacts avec l'ambassadrice de Grèce ou l'ambassadeur des Pays-Bas puisque ce sont les Pays-Bas qui présidaient cette réunion et qui, ce faisant, sont les garants du compte rendu de cette dernière.

 

Quoi qu'il en soit, pour le groupe PS, il est impossible que l'on en reste là car il en va de l'intégrité et de la dignité de la Belgique.

Réponse de Charles Michel

Monsieur le président, chers collègues, à la première question en lien avec les déclarations du ministre grec, je peux simplement appuyer les propos qui ont été confirmés par M. Reynders en commission hier.

 

Le ministre grec s'est exprimé après un Conseil informel en faisant référence à des propos qui auraient été tenus par M. Theo Francken, ce qui est formellement démenti. Un communiqué a immédiatement été émis par M. Theo Francken. Je peux vous dire, pour côtoyer Theo Francken depuis des mois au sein du gouvernement, que notre approche est conforme à l'option du gouvernement; conjuguer la dignité, l'humanité et la fermeté. En quelques mois, nous avons doublé le nombre de places pour tenter d'assumer nos responsabilités sur le plan international tout en étant fermes et stricts et en exécutant les décisions de retour comme elles doivent être exécutées.

 

C'est la ligne que nous défendons, une ligne équilibrée. Et vous aurez observé que personne sur le plan européen n'a stigmatisé en aucune manière la façon dont le secrétaire d'État M. Theo Francken, avec le soutien du gouvernement, mène cette politique dans un momentum difficile sur le plan européen parce qu'il y a un afflux exceptionnellement élevé, historiquement élevé.

Réplique de Julie Fernandez-Fernandez

Je remercie le premier ministre pour ses réponses. J'ai lu le communiqué de M. Francken et je n'ai pas vu qu'il rejetait les propos qui lui étaient attribués sur le push back. Pour le reste, j'ai bien lu ce qu'il avait déclaré.

 

Ceci dit, je suis persuadée qu'on ne peut pas avoir de demi-mesure dans ce dossier. Nous ne recevrons pas d'excuses de la Grèce. Il restera donc un doute qui touche à l'intégrité et à la dignité de la Belgique. Dans ce cas, monsieur le premier ministre, tous les efforts que vous déploierez pour améliorer l'image de la Belgique à l'étranger seront vains.


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