Question de Julie Fernandez Fernandez à Steven Vandeput, ministre de la Défense, sur le statut des militaires

Monsieur le ministre, vous avez annoncé dans la presse, hier ou aujourd'hui, vouloir rajeunir l'armée. Cet objectif est évidemment louable, et nous le partageons, tant qu'il ne se fait pas sur le dos de la Défense et du statut des militaires. Vous proposez que les nouvelles recrues signent un contrat à durée déterminée de huit ans. Il s'agit d'une option que nous avions soutenue sous l'ancienne législature, mais que vous rendez obligatoire. Nous sommes très inquiets!

 

Il est pour nous inacceptable qu'après un désinvestissement de ce gouvernement de près de deux milliards pour la Défense, suive un désinvestissement en personnel. Comment allons-nous motiver les nouvelles recrues ou susciter des vocations?

 

Monsieur le ministre, quel est votre objectif en termes d'engagement d'ici 2019? Si possible, ne vous cachez pas une nouvelle fois derrière votre plan stratégique qui a été annoncé à Pâques, pour les grandes vacances, à Noël; je suppose que la prochaine fois, ce sera pour la trinité!

 

Les 700 recrues et engagements prévus en 2016 vous semblent-ils suffisants, sachant que les fonctions de l'armée sont en augmentation, comme nous l'avons vu ces dernières semaines?

 

Vous évoquiez dans la presse la création de passerelles pour ces militaires au terme de leurs huit années d'engagement. Pouvez-vous en dire plus?

Réponse de Steven Vandeput

Monsieur le président, chère collègue, je suis un peu surpris par votre question. Vous avez voté en faveur de la loi du 30 août 2013, comme je le vois sur le rapport, concernant le nouveau statut à durée limitée (BDL). Et c'est de cela dont il est question! Nous allons recruter 700 personnes les prochaines années et je pense que ce ne sera pas suffisant. C'est la raison pour laquelle le gouvernement va mettre en œuvre son plan stratégique visant à réorienter l'armée belge.

 

Comment peut-on encourager les jeunes à s'engager à la Défense? Nous travaillons à des possibilités de passerelles, entre autres vers la fonction publique - tâches de sécurité dans d'autres services - ou vers le privé, on verra.

 

Aujourd'hui, il est déjà prévu que, si une personne souhaite se réorienter, elle bénéficie de 180 heures de congé pour suivre des cours, de 1 850 euros pour les financer ou encore d'un mois de réorientation. Nous prenons donc toutes les mesures nécessaires pour rendre la Défense aussi attractive pour les jeunes que par le passé, car elle leur propose de relever des défis énormes.

Réplique de Julie Fernandez Fernandez

Monsieur le ministre, je répète que, pour nous, le contrat à durée déterminée constituait une option, alors que vous le rendez désormais obligatoire. En tout cas, je vous remercie pour les réponses que vous m'avez apportées.

 

Je rappelle néanmoins les externalisations coûteuses des missions sensibles de la Défense, le budget de l'armée en voie d'extinction ou encore le recours à 100 % à un statut limité. Le PS craint que la N-VA ne prépare la privatisation de l'armée. Monsieur le ministre, ce n'est pas une PME que vous gérez, mais bien une mission essentielle de notre État! Je ne voudrais pas qu'elle s'accomplisse demain sur le dos des militaires, qui ne sont évidemment pas des Kleenex que l'on prend et jette après usage.


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