Question de Fabienne Winckel à Kris Peeters, ministre de l'Emploi, sur l'incidence des mesures du gouvernement sur les femmes

Monsieur le président, monsieur le ministre, de nombreuses mesures socio-économiques prises par votre gouvernement et que nous ne cessons de dénoncer auront, comme nous le savons tous, un impact extrêmement négatif sur les travailleurs, les pensionnés, les chômeurs et les patients.

 

Aujourd'hui, j'aimerais attirer l'attention sur une cible particulière que sont les femmes: les femmes qui travaillent, les femmes qui sont au chômage, les femmes qui sont retraitées, les femmes qui sont malades. Car on le sait moins, ce sont les femmes qui seront davantage touchées par vos mesures.

 

C'est d'ailleurs cette politique de régression sociale envers les femmes – et n'ayons pas peur des mots, c'est vraiment une politique de régression sociale envers les femmes – que dénonçait la manifestation à laquelle j'ai participé ce matin. Si vous voulez des exemples plus précis, si vous mettez ma parole en doute, je vous citerai quelques mesures prises par votre gouvernement. Le durcissement des conditions d'accès à la pension anticipée et le report de l'âge légal de la pension à 67 ans impacteront les travailleurs à temps partiel. Qui sont les travailleurs à temps partiel? En majorité, ce sont des femmes. Les modifications apportées au calcul des pensions du secteur public impacteront également davantage les femmes, puisque ce sont essentiellement des femmes qui travaillent dans les secteurs publics. Une autre mesure est la diminution du séjour en maternité. De nouveau, ce sont les femmes qui sont touchées, car aucune mesure d'accompagnement postnatal n'est prévue.

 

Mais l'une des mesures que je trouve vraiment injuste est la décision de votre gouvernement de diminuer de moitié l'allocation de garantie de revenu. Cette allocation permet aux femmes qui travaillent involontairement à temps partiel de bénéficier d'un complément indispensable pour faire face à leurs besoins et à ceux de leur famille.

 

Monsieur le ministre, j'irai droit au but en vous indiquant que 40 000 femmes sont concernées par cette mesure. Si je vous interpelle sur cette problématique, c'est parce que vous avez annoncé à la presse que vous vouliez affiner cette mesure. Vous êtes-vous enfin rendu compte de l'impact dommageable de celle-ci? Comptez-vous revenir sur cette mesure?

Réponse de Kris Peeters

Le gouvernement actuel a apporté deux modifications à l’AGR: à partir du 1er janvier 2015, le montant de cette allocation sera de nouveau calculé comme avant 2008 et à partir du 1er

janvier 2017, ce montant sera diminué de moitié pour les personnes qui travaillent à temps partiel depuis au moins deux ans.


De fin 2014 au 30 avril 2015, le nombre de travailleurs bénéficiant de l’AGR est passé de

51 124 à 38 838 (dont 29 413 femmes et 9 425 hommes). À quoi est due cette baisse de

23,5%?

 

La réduction de moitié de l’AGR aura en effet un impact important sur le revenu des travailleurs à temps partiel. Il s’agit d’une mesure qui frappe essentiellement des femmes seules avec enfants. Il nous faudra veiller à ce qu’elle ne se transforme pas en un nouveau piège à l’emploi.


J’ai chargé l'ONEM de suivre attentivement cette évolution et d’en répertorier minutieusement les conséquences. Le 9 juin, j’aurai une entrevue avec le Vrouwenraad et la Feministische Socio-Economisch Platform, qui auront voix au chapitre pour décider de la mise en œuvre éventuelle de la mesure.

Réplique de Fabienne Winckel

Monsieur le président, monsieur le ministre, je vous remercie pour votre réponse.

 

À l’instar de ma collègue, Mme Kitir, je m’exprimerai au nom de mon groupe. Nous vous demandons de ne pas prendre cette mesure.

 

L’accord de gouvernement prévoit notamment la lutte contre la pauvreté. J’ai déjà interpellé, à de nombreuses reprises, la secrétaire d’État, Mme Sleurs, en vue de l’application du gender mainstreaming au niveau des mesures du gouvernement. Nous savons que lesdites mesures auront un impact sur les femmes.

 

Vous avez cité des chiffres. Savez-vous qu’en Belgique 860 000 femmes vivent sous le seuil de la pauvreté ou au seuil de la pauvreté ? Ce chiffre parle de lui-même. Il est donc important de revenir sur les politiques en la matière et de travailler de concert.

 

Monsieur le ministre, je me permettrai de revenir sur le sujet ultérieurement.

Partagez sur


RECHERCHE...