Question d'André Frédéric à Maggie De Block, ministre de la Santé, sur les dangers liés à la consommation d'alcool

Madame la ministre,


vous me direz que la problématique de la consommation excessive ou non contrôlée d'alcool n'est pas une problématique neuve mais, à titre personnel, j'ai été interpellé ces dernières heures par le rapport de l'OCDE qui met en évidence un certain nombre d'éléments concrets, objectifs et interpellants: il s'agit de l'augmentation importante de la consommation non contrôlée chez les femmes et, en particulier, chez les jeunes avec le phénomène de binge drinking (des consommations excessives en un laps de temps réduit).

 

Un certain nombre d'hypothèses assez simples sont formulées dans ce rapport: ces boissons sont aisément disponibles et financièrement accessibles. Le rapport souligne aussi les effets nocifs de la publicité en la matière.

 

Au niveau des chiffres, j'ai été surpris de constater que ce problème de consommation non contrôlée toucherait approximativement 900 000 personnes en Belgique. Il y a un impact financier en termes de santé publique de 4,2 milliards d'euros avec des effets très graves sur la santé des personnes ainsi que d'autres conséquences comme l'augmentation des accidents de la route ou les violences.

 

Vous le savez, madame la ministre, sous la législature précédente, un plan alcool avait été mis en chantier. Malheureusement, ce plan n'avait pu être approuvé par le gouvernement de l'époque parce qu'il y avait des oppositions, entre autres de votre parti. Aujourd'hui, vous êtes ministre de la Santé: vous avez donc une responsabilité en terme de santé publique à assumer. Comptez-vous mettre en œuvre un plan alcool, organisé et coordonné avec les entités fédérées qui ont des responsabilités en matière de prévention? À quel moment comptez-vous le mettre en œuvre?

Réponse de Maggie De Block

Du rapport de l’OCDE, je retiens que le prétendu "modèle scandinave" doit être nuancé: la

consommation a en effet augmenté en Finlande, Norvège et Suède, alors qu’elle diminuait de 20% en Belgique. L’abus d’alcool touche trop de citoyens, même si 65 % de la consommation est effectuée par un cinquième de la population à peine.


Je me réjouis de l’entrée en vigueur, au 1er janvier, des Treatment Demand Indicators (TDI):

l’enregistrement obligatoire par les hôpitaux nous fournira des chiffres nationaux sur les traitements commencés et nous guidera vers un cadre de traitement plus adéquat selon les substances.


Le rapport révèle également que les mesures de prévention, quel qu'en soit le coût, ont un très haut rapport coût/efficacité à long terme. Étant donné que cette matière relève des compétences des Communautés et Régions, j'aborderai également cette question au sein de la conférence interministérielle Santé publique.


Il ne faut cependant pas oublier que si les autorités ont quelque responsabilité à assumer en la matière, les citoyens en ont tout autant.

Réplique d'André Frédéric

Madame la ministre, je vous remercie pour votre réponse bien qu'elle me laisse un peu sur ma faim. Je peux partager au moins un élément, c'est que le contrôle de la consommation relève de la responsabilité individuelle. Quand vous dites que l'image du rapport de l'OCDE est une image nuancée, je trouve que 900 000 personnes et un impact de 4,2 milliards, c'est plus que de la nuance. C'est interpellant en termes de chiffres. Vous dites que vous attendez les chiffres pour voir quelles sont les personnes qui ont commencé des traitements. Admettons! Mais je n'ai pas de réponse en ce qui concerne votre plan. À aucun moment, vous n'avez dit que, par rapport à ce qui s'est passé auparavant, vous aviez l'intention de mettre ce plan en œuvre. Je le regrette.

 

Madame la ministre, pour vous rafraîchir la mémoire, j'ai repris une déclaration d'un membre de votre parti au Standaard en 2013 – cela ne remonte pas à Mathusalem. Dans une interview, un éminent responsable de l'Open Vld disait: "Iedereen vanaf zestien jaar moet een pintje uit de automaat kunnen drinken". C'est assez révélateur. En tout cas, ce n'est pas ma manière de voir les choses. J'attends de la ministre de la Santé publique qu'elle prenne ses responsabilités en la matière.

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