Question de Gwenaëlle Grovonius à Didier Reynders, ministre des Affaires étrangères, sur l'aide apportée au Népal suite au séisme

Monsieur le président,

monsieur le ministre,


comme nous le savons tous, un grave tremblement de terre a touché le Népal. C'est un drame invraisemblable dont les images apocalyptiques nous parviennent. Ce tremblement de terre d'une magnitude de 7,8 sur l'échelle de Richter est le pire que ce pays ait connu jusqu'à présent et des répliques ont suivi, jusqu'au Bangladesh ou en Inde.

 

Cette catastrophe a évidemment causé des pertes humaines et matérielles innombrables. Il y a des milliers de victimes à ce jour et, malheureusement, le bilan s'alourdit à mesure que les heures et que les jours passent. Les opérations de secours sont en marche et se poursuivent. La solidarité internationale en cours est forte. Je tiens d'ailleurs à saluer la réactivité de notre pays, notamment via sa structure B-FAST, puisqu'une équipe multidépartementale et multidisciplinaire a pu être envoyée là-bas. Malgré la situation logistique chaotique sur place, nous savons qu'aujourd'hui, elle a enfin atteint le Népal.

 

Cette réponse est essentielle, mais elle porte sur le court terme. Il est évident que nous ne pouvons nous limiter à cette intervention. Il faudra examiner comment participer, demain, à la reconstruction du pays.

 

Monsieur le ministre, quelles sont les informations dont vous disposez par rapport à la situation sur place, que ce soit sur le plan humain ou matériel?

 

Pouvez-nous donner des précisions au sujet de l'aide apportée par B-FAST? Comment notre équipe est-elle déployée? En effet, beaucoup de choses ont été dites sur les difficultés rencontrées. C'est la raison pour laquelle je souhaiterais que vous me fournissiez des informations concernant la nature, la composition et la durée de la mission de B-FAST. Quelle a été la coordination entre les différents ministères à l'occasion de son déploiement?

 

Comment l'aide internationale est-elle coordonnée et intervient-elle, particulièrement à l'échelle européenne?

 

Enfin, nous savons que les ONG belges sont également entrées en action et ont fait un appel de fonds. MSF Belgique est déjà sur place. Quelle sera notre intervention financière dans le cadre de l'aide humanitaire apportée?

 

Quelle est la situation de nos ressortissants sur place?

Réponse de Didier Reynders

C'est une véritable tragédie qui a eu lieu la semaine dernière au Népal.


Nous adressons nos sincères condoléances aux familles des victimes et nous témoignons notre sympathie à ceux qui souffrent des conséquences du séisme ou qui sont sans nouvelles de leurs proches.


Le Centre européen pour la coordination de l'aide d'urgence parle de cinq mille morts et d’au moins dix mille blessés. La Belgique a déployé une équipe B-FAST composée de 42 personnes et qui dispose d'équipements permettant la réhabilitation des infrastructures indispensables, d'une expertise en télécommunications, d'une assistance médicale et d'une capacité de coordination internationale. L'équipe peut donc exercer des missions complémentaires aux travaux des secouristes népalais avec les organisations d'aide internationales.


Outre les volontaires et les modules d'intervention, B-FAST s'organise autour du conseil de coordination soutenu par un comité de planification. Les ministres compétents et leurs administrations y sont représentés. Le conseil de coordination prend l'avis d'experts et se prononce sur la proposition du comité, tout cela dans les douze heures.


La coordination de l’aide internationale est assurée par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) et l’Union européenne se charge de la coordination des initiatives déployées par les États membres.


La Belgique accorde du reste un financement annuel au Bureau de l’ONU. Il y a également d’importants fonds des Nations Unies et de la Banque mondiale. Le ministre de la Coopération au développement proposera encore d’autres aides spécifiques.


Dès l'annonce du séisme, le centre de crise des Affaires étrangères a été ouvert pour répondre aux nombreux appels. Les informations sur nos compatriotes présents au Népal ont été enregistrées dans une base de données. Plus de deux cents Belges ont été localisés. Pour l’instant, nous sommes toujours sans nouvelles de quatre d'entre eux.


Une partie des ressortissants belges a été évacuée par l'Airbus de la Défense, en compagnie

d'Européens de nationalités diverses. L'assistance locale est assurée par le consul honoraire à Katmandou soutenu par les membres de notre ambassade à Delhi. Ils coordonnent le

rassemblement de nos compatriotes et fournissent une aide consulaire et logistique.


Je ferai rapport sur l'ensemble des décisions prises ainsi que sur les actions menées par B-FAST. Je tiens à remercier très chaleureusement tous les bénévoles et les membres de l'équipe. Je comprends les critiques, mais l'intervention de B-FAST est très importante parce qu'elle permet d'apporter une aide aux victimes du séisme. Je suis très fier des collaborateurs de cette équipe et des actions qu'ils mènent.

Réplique de Gwenaëlle Grovonius

Monsieur le ministre, je vous remercie.

 

Je ne doute pas que nous aurons l'occasion de reparler de cette question de manière plus approfondie en commission.

 

Je tiens aussi à saluer le travail effectué par B-FAST, même s'il y a des éléments dont nous devrons peut-être reparler. Surtout, j'espère que nous aurons des nouvelles réjouissantes concernant nos ressortissants sur place.

 

Nous devrons toutefois reparler de la mise en œuvre de EU-FAST, ce qui pourrait être une réponse aux problèmes que nous avons rencontrés. Nous devrons aussi reparler de l'aide à long terme. Aujourd'hui, nous apportons une contribution à très court terme mais demain, il faudra reconstruire et faire en sorte que le Népal puisse faire face à de tels séismes s'ils devaient se reproduire.

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