Pension à 67 ans: une mesure injuste, sans débat et sans concertation

Selon les informations parues dans la presse aujourd’hui, le Conseil des Ministres devrait décider demain du recul de l’âge légal de la pension à 67 ans. Le gouvernement fédéral ne laissera donc pas le nouveau Conseil national des pensions discuter de la mesure. Pour le député PS Frédéric Daerden, « les partis du gouvernement MR N-VA cherchent à éviter le débat en faisant passer la mesure en stoemelinx avant les vacances de Pâques ».


Le PS rappelle son opposition à cette mesure injuste. Pour Frédéric Daerden, « le gouvernement MR N-VA veut contraindre des travailleurs déjà bien souvent épuisés en fin de carrière, physiquement ou psychologiquement, à travailler au-delà de 65 ans. Il parle de mesures de long terme, mais en réalité, les travailleurs qui ont aujourd’hui 50 ans et plus sont déjà concernés… ».


Frédéric Daerden rappelle qu'aucun électeur n’a voté pour le recul de l’âge légal de la pension. En effet, les 4 partis du gouvernement annonçaient avant les élections qu’ils allaient maintenir la pension à 65 ans. Le programme électoral du MR précisait en effet (p. 278) que « sans relever l’âge légal de la pension [en gras souligné dans le texte du MR], il est possible d’améliorer le taux d’activité des travailleurs âgés. » Celui de la N-VA (p. 11) et celui de l’Open VLD (p. 12) reprenaient exactement la même formule: « de pensioenleeftijd blijft op 65 jaar », tandis que celui du CD&V indiquait (p. 97) « we behouden de wettelijke pensioenleeftijd van 65 jaar ».


Selon Frédéric Daerden, la mesure du gouvernement MR N-VA ne va pas dans le bon sens : « Évidemment, si on demandait à tout le monde de travailler jusqu’à 95 ans, on n’aurait sans doute plus aucun problème pour financer les retraites. Mais ce que nous voulons, au PS, ce sont des solutions plus justes, construites pour les travailleurs et pas contre eux: soutien à la création d’emploi pour les jeunes et les personnes dans la force de l'âge, contribution des grosses fortunes et des revenus du capital, supplément de salaire (crédit d’impôt) pour les travailleurs qui décident de rester actifs, conditions de travail adaptées en fonction de l’âge, formation tout au long de la carrière… »


Le PS compte bien défendre toutes ces propositions alternatives lors de l’examen de la loi au parlement. Il rappellera à cette occasion que Charles Michel déclarait encore il y a un an que « pour le MR, il n’est pas question de toucher à l’âge légal de la retraite à 65 ans » (Le Vif, 22 avril 2014), de même que Daniel Bacquelaine disait, quelques jours avant de devenir Ministre des Pensions: « C’est pour ça que nous ne proposons pas de toucher à l’âge légal de la pension. On ne propose pas de toucher à ça! » (Mise au point (RTBF), le 5 octobre 2014).

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