Question de Laurent Devin à Jacqueline Galant, ministre de la Mobilité, sur la réduction du personnel d'Infrabel

Monsieur le président,

madame la ministre,

chers collègues,


on sait déjà que fin 2015, Infrabel comptera au minimum 556 cheminots en moins.

 

Fin de cette année, ce sont minimum 556 travailleurs qui partiront à la retraite et qui ne seront pas remplacés.

 

"On ne touchera pas aux lignes rurales". "On augmentera les capacités". "On continuera à investir dans la sécurité et le personnel". Voilà ce que vous répétiez à l'envi il y a quelques semaines à peine. Ici, vous avez esquivé nos questions pourtant légitimes en vous retranchant derrière les avis demandés au Groupe SNCB.

 

La SNCB et Infrabel annoncent à présent la couleur! Et les conséquences de la purge budgétaire drastique imposée par ce gouvernement sont sans appel, tant pour les navetteurs que pour les cheminots. Ce sera un report des travaux et des investissements aux calendes grecques et une diminution du nombre de cheminots.

 

Économies ponctuelles, économies structurelles, plan d'efficience sont des mots que vous avez largement utilisés. Derrière les mots se cachent le plus souvent des hommes et des femmes, des cheminots fiers de leur métier, des cheminots qui ont l'impression, aujourd'hui, de servir de variable d'ajustement. L'économie réalisée sur le personnel représente 26 millions d'euros, soit plus de 15 % de l'effort budgétaire demandé à Infrabel.

 

Madame la ministre, comment les cheminots doivent-ils comprendre la réduction du nombre de travailleurs et donc l'inévitable diminution des services publics que cela engendre?

 

Doivent-ils, comme nous le pensons, craindre pour leur avenir et doivent-ils s'attendre à une réduction structurelle du personnel qui ne pourrait que fragiliser encore un peu plus le Groupe SNCB.

Réponse de Jacqueline Galant

Monsieur le président,

cher collègue,


en décembre 2014, le conseil d'administration d'Infrabel a décidé de réduire divers frais internes de différentes directions opérationnelles afin d'économiser un peu plus de 45 millions d'euros. Dans le même temps, il a en effet été décidé que le rythme de recrutement sera ralenti.

 

Infrabel a donc décidé que, l'an prochain, seuls les profils très qualifiés et en pénurie, entre autres les électromécaniciens et les ingénieurs, seront recrutés. L'objectif de la décision d'Infrabel est d'économiser de la sorte, à titre tout à fait exceptionnel en 2015 et sans le moindre licenciement, environ 26 millions d'euros.

 

Plus précisément, le nombre d'équivalents temps plein non remplacés en 2015 s'élève à 556 pour Infrabel. Il est précisé que certains non-remplacements ne sont pas liés aux mesures d'économie décidées par le précédent et l'actuel gouvernement mais sont le fruit d'une rationalisation rendue possible à la suite de certains projets.

 

L'attrition totale prévue en 2015 s'élève donc à 859 équivalents temps plein, tandis que les recrutements programmés en 2015 sont évaluées à 303 équivalents temps plein, ce qui représente un taux de remplacement de 35,2 %.

 

L'évolution du personnel pour les années à venir sera déterminée dans le cadre de la confection du plan financier 2015-2019. Il s'agit d'un exercice qui débutera prochainement, suite au plan d'efficience.

 

Il est évident, comme cela a déjà été expliqué à plusieurs reprises, que les diminutions de dotation doivent être une opportunité à saisir, par les entreprises publiques, pour se moderniser et non pour diminuer les investissements nécessaires sur le rail.

Réplique de Laurent Devin

Madame la ministre,


vous souhaitiez rendre leur fierté aux cheminots. Vous les avez regardés droit dans les yeux en leur disant qu'il n'y aurait pas de suppression d'emplois, que les économies ne porteraient pas sur le personnel. Vous leur avez menti! Vous avez menti aux usagers!

 

Il y a quelques semaines, vous déclariez que rien ne serait fait à l'encontre du personnel. Aujourd'hui, vous dites que la mesure est exceptionnelle. Demain, quelle sera la prochaine étape? La suppression de la Caisse des soins de santé de la SNCB, de la Caisse de solidarité sociale, outils qui sont financés par les cheminots eux-mêmes et qui permettent de mieux rembourser les médicaments, mais aussi d'organiser des camps de vacances pour les enfants?

 

Madame la ministre, votre responsabilité politique est ici engagée. Quoi qu'il en dise, ce gouvernement mène une véritable attaque frontale contre le statut du cheminot qui constitue un privilège insoutenable à vos yeux.

 

Madame la ministre, je vous demande d'assumer vos positions. Il y va du respect minimum que vous devez aux cheminots.

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