Fermeture de places d’accueil : Theo Francken suit une logique répressive, coûteuse et inhumaine

Le Gouvernement a annoncé ce jeudi la fermeture de 2.057 places d’accueil pour demandeurs d’asile en 2015. Le secrétaire d'Etat à l'Asile et la migration Theo Francken estime en effet, après quelques semaines d’exercice à peine, que les procédures d'asile sont plus rapides et que le taux d'occupation des centres est actuellement bas, ce qui justifierait pleinement une suppression drastique et soudaine du nombre d’infrastructures d’accueil, du nombre de places et un licenciement sec du personnel d’encadrement.

 

Pour le député socialiste Emir Kir, il s’agit là d’une décision à l’emporte-pièce, prise au mépris de la situation internationale actuelle : « tous les indicateurs signalent pourtant que la situation  internationale, les conflits au Moyen Orient et la situation aux portes de l’Europe vont inévitablement entrainer une augmentation du nombre de candidats réfugiés. Et la Belgique ne peut se soustraire à l’obligation d’accueillir les candidats réfugiés et de leur proposer un hébergement le temps de leur procédure d’asile. »

 

Pour Emir Kir, cette gestion sans nuances est de nature à préparer la prochaine crise de l’accueil : « alors que l’on constate clairement une augmentation des demandes introduites, réduire la capacité d’accueil, que ce soit dans les centres d’accueil ou dans les structures d’accueil individuelles est totalement irresponsable ! »

 

Le groupe PS regrette également la logique retenue par le Gouvernement fédéral, à savoir renforcer les centres fermés au détriment des structures d’accueil ouvertes : « une logique répressive, coûteuse et surtout inhumaine, à l’égard de personnes fragilisées  par un parcours difficile » souligne le député. Une structure d’accueil individuelle coûte en effet moins cher qu’un centre collectif et est plus facilement mobilisable en cas d’afflux massif de candidats réfugiés. « Elle est par ailleurs plus respectueuse de l’intimité des personnes qui sont en exil, permet un minimum de vie de famille. Et pour rappel, la moitié d’entre elles, seront vouées à demeurer plus durablement en Belgique lorsque le statut de réfugié leur aura été reconnu. »

 

Au-delà du manque total de vision dans le chef du  Secrétaire d’Etat, c’est sans aucun état d’âme qu’il fait passer une multitude d’emplois précieux à la trappe. Rien que pour le centre de Virton, ce sont 34 personnes qui perdront leur emploi au 2 janvier 2015, et d’autres à Barvaux, à Mons,  à Gand  et ailleurs, avec un impact réel sur la vie des collectivités locales, que ce soit en termes d’infrastructures ou d’enseignement. « Fermer un centre d’accueil est une décision facile à prendre, si l’on ferme les yeux sur les emplois perdus, directement ou indirectement. Ouvrir une nouvelle structure collective est par contre beaucoup moins aisée. Le centre de Virton, pour ne citer que lui, est ouvert depuis 18 ans ! »

 

Pour le PS il s’agit d’une décision aussi irresponsable que contre-productive ! Emir Kir interpellera au plus vite le secrétaire d’Etat sur les conséquences d’une telle décision, tant pour la dignité des demandeurs d’asile, que pour le personnel de ces centres qui subit là un véritable plan de licenciement collectif !

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