Question de Karine Lalieux à Charles Michel, Premier ministre, sur le déplafonnement des salaires des grands patrons

Monsieur le président,

monsieur le premier ministre,

chers collègues,

 

d'un côté, nous avons les citoyens qui seront confrontés à un saut d'index; nous avons les travailleurs dont les salaires sont gelés pour deux ans; nous avons la classe moyenne dont le pouvoir d'achat est en berne. Tous les citoyens vont trinquer! Vous le savez, nous le savons. De l'autre côté, nous avons les patrons qui, grâce à votre ministre des Entreprises publiques, vont retrouver leur liberté salariale. C'est une gifle, monsieur le premier ministre, pour tous les travailleurs! C'est indécent!

 

Monsieur le premier ministre, je vais vous poser des questions décentes.

 

Trouvez-vous décent le déplafonnement des salaires de nos CEO?

 

Allez-vous personnellement maintenir le plafond décidé par le gouvernement d'Elio Di Rupo?

 

Vous engagez-vous à soutenir nos propositions qui veulent que l'écart salarial dans nos entreprises publiques et dans les entreprises à participation publique soit de 1 à 20? Il s'agit de justice sociale.

 

Monsieur le premier ministre, que confirmez-vous ou qu'allez-vous remettre en cause ici en séance plénière? Confirmez-vous les propos de la ministre de la Mobilité qui affirme qu'elle ne supprimera pas le plafond des salaires des CEO? Confirmez-vous les propos de votre ministre des Entreprises publiques qui indique qu'il laissera faire les comités de rémunérations? C'est ce qu'il nous a dit lors de nos échanges en commission de l'Infrastructure.

Réponse de Charles Michel, Premier ministre

Il est clairement fait usage en l'espèce d'une stratégie qui consiste à créer systématiquement des malentendus.

 

Ma réponse tiendra en trois points. L'accord de gouvernement mentionne la volonté politique de respecter l'autonomie des entreprises publiques.

 

Il ne s'agit pas, pour le gouvernement fédéral, de s'immiscer systématiquement dans la gestion des entreprises publiques autonomes. Nous avons prévu des instruments pour garantir la bonne gouvernance, en nous mobilisant tous, majorité et opposition.

 

Le deuxième point concerne les salaires. Nous voulons la sobriété. Nous voulons que chacun soit exemplaire. Les lignes de conduite décidées par le gouvernement précédent en matière de salaires, nous les respecterons parfaitement.

 

Enfin, tout ceci n’est qu’une tempête dans un verre d’eau: il n’y aura pas prochainement de vacance dans les fonctions de patrons d’entreprises publiques autonomes. J’espère que l’on pourra se concentrer sur le redressement du pays, la création d’activité et d’emplois. Voilà la bataille que nous voulons mener.

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