Question de Frédéric Daerden à Charles Michel, Premier ministre, sur la manifestation nationale du 6 novembre 2014

Monsieur le président,

monsieur le premier ministre,

 

je reviens également de la manifestation. Vous n'y avez pas participé, mais vous savez que plus de 125 000 personnes venant de tous les coins du pays, inquiètes, choquées, en colère, qui ont peur de ne plus pouvoir s'en sortir demain, de ne pas avoir suffisamment de pouvoir d'achat ont manifesté, aujourd'hui, dans la rue. Le chiffre est énorme!

 

Vous devez le savoir: l'austérité nuit aux gens, à l'économie, cela uniquement pour préserver les nantis. Même les économistes et votre ministre des Finances reconnaissent qu'il y aura une perte du pouvoir d'achat. Vos mesures contribuent à la régression sociale, à l'accentuation des inégalités.

 

Si l'information dont je dispose est exacte, vous avez invité les syndicats à 17 h 00, mais pour leur annoncer quoi? Monsieur le premier ministre, vous devez écouter les revendications des citoyens et faire preuve de réactivité. Dans un souci de relancer le dialogue, je vous demande de leur dire que vous allez renoncer au saut d'index. Il n'est pas trop tard. C'est le moment, monsieur le premier ministre!

Réponse de Charles Michel, Premier ministre

Le dialogue social constitue un élément crucial de l'accord de gouvernement. Il doit

être protégé et encore renforcé.

 

La priorité du gouvernement est la création d’emplois car c’est la meilleure garantie de financement de nos protections sociales.

 

Nous avons opté pour des mesures concrètes destinées à renforcer notre modèle économique et à assurer notre avenir.

 

Nous voulons renforcer la capacité de toutes les entreprises à préserver l’emploi et à en créer et entendons consacrer des moyens à la création d’emplois, à l’innovation et à la formation.

 

En matière de pensions, nous devons avoir le sens des responsabilités et dire la vérité. Pour cette année, le montant des pensions a augmenté à 37 milliards d'euros, soit 12 milliards d'euros de plus qu'il y a quelques années!

 

Avec l’allongement moyen de la durée de la vie, nous devons prendre des décisions pour garantir le financement des pensions.

 

Les mesures seront prises et mises en œuvre dans le respect de la concertation sociale. Nous espérons que l'ensemble des autres acteurs prendront leurs responsabilités.

 

Le gouvernement a les bras grands ouverts, il tend la main à la concertation sociale.

Nous avons invité cette après-midi les partenaires sociaux, après de nombreux contacts informels. Nous discuterons d’une feuille de route définissant les possibilités en matière de création d’emploi, de compétitivité, d’innovation, de marché du travail ou de réforme des retraites.

 

Le gouvernement écoute et comprend les préoccupations, les colères et les doutes. Nous expliquerons notre vision partagée par une majorité démocratique, légitime, et nous demanderons à chacun de prendre son destin en main pour engager les réformes nécessaires, rationnelles et raisonnables, nécessaires pour garantir notre protection sociale.

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