Questions de Laurent Devin à Jacqueline Galant, ministre de la Mobilité, sur les économies à la SNCB

Monsieur le président,

mesdames et messieurs les membres du gouvernement,

chers collègues,

 

votre interview le week-end dernier a semé le doute absolu sur votre politique d'économies drastique à la SNCB. On ne s'y retrouve plus! Vous non plus, je crois!

 

Les citoyens, les travailleurs de la SNCB, les navetteurs méritent une réponse. Quel est le montant exact?

Vous en avez fait rire beaucoup mais des milliers de personnes sont très inquiètes pour leur travail, pour l'avenir des services que rend la SNCB et pour les services publics de notre pays. Aujourd'hui, vous devez nous communiquer le montant exact. Vous garantissez tout: le volume de l'emploi, le maintien et même le développement des services. Où allez-vous effectuer ces coupes? Où allez-vous économiser ces milliards d'euros dans le budget de la SNCB?

 

Hier, vous avez rencontré les syndicats au siège du MR. Vous n'avez pas de cabinet! Vous n'avez pas de bons chiffres! On peut vous aider… Avez-vous livré certaines pistes?

 

J'ai participé hier à un débat sur une télévision locale et communautaire. Trois membres ici présents peuvent en témoigner. Un député MR fédéral a dit: "Il y a de plus en plus de navetteurs; il y a de plus en plus de besoins, notamment pour le RER; il y a de plus en plus de moyens à investir". Et il a ajouté: "Je suis très inquiet à propos de ce qu'il va se passer à la SNCB". Moi aussi, comme des milliers de personnes!

Réponse de Jacqueline Galant, ministre de la Mobilité

Vous me donnez l'opportunité de présenter les économies globales que la SNCB et Infrabel réaliseront ces prochaines années.

 

Il a été décidé de réaliser des économies de 188 millions d’euros en 2015 et de 118 millions d’euros au cours de la période 2016-2019.

 

Le chiffre de 663 millions d’euros ne change pas. Le chiffre de 2,1 milliards d’euros d’économies sur cinq ans repose sur une vision tronquée: on calcule en termes constants, sans tenir compte de l’indexation de la dotation. L’effort décidé par ce gouvernement sera donc moindre.

 

Le gouvernement Di Rupo a réalisé 162 millions d’euros d’économies en 2013 et 172 millions en 2014, soit 334 millions d’euros en deux ans.

 

Il s’agira d’une économie de 188 millions d’euros en 2015, 118 millions en 2016 par rapport à la dotation de 2015, idem en 2017, 2018 et 2019, pour atteindre une économie totale de 663 millions cette année-là. À cela, il faut ajouter les décisions du gouvernement Di Rupo qui avait prévu une économie de 150 millions d’euros par an.

 

L’effet du saut d’indexation automatique des salaires sera neutre pour le budget de la SNCB.

 

Ces économies ne pourront mettre en péril la sécurité, la qualité du service ou l’objectif de stabilité de la dette. Je souhaite qu’elles permettent de pérenniser la qualité de l’emploi au sein de la SNCB et d’Infrabel.

 

Ces deux entreprises me feront une proposition dans les prochains jours au sujet de la répartition de ces économies entre elles.

 

Je comprends le mécontentement des clients au sujet des actions syndicales récentes. Je déplore que ces actions aient précédé les discussions que j'entends mener avec les syndicats. Néanmoins, je souhaite collaborer avec l'ensemble des parties dans l'intérêt des clients, des travailleurs d'Infrabel et de la SNCB et de tous les contribuables, ces derniers assurant le financement du transport ferroviaire.

 

L'accord de gouvernement prévoit l'inclusion dans les contrats de gestion ainsi que dans la loi d'un protocole d'accord social tendant à éviter les grèves sauvages. Il prévoit également l’inclusion d'une concertation, entre les entreprises ferroviaires et les partenaires sociaux, sur un service minimum en cas de grève. La priorité doit être donnée à la concertation sociale. Par ailleurs, ces dispositions n'enfreignent nullement le droit de grève.

 

J’ai voulu rencontrer les cheminots pour les écouter et les rassurer. Nous avons convenu de nous revoir tous les mois.

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