Question de Karine Lalieux à Elke Sleurs, secrétaire d'État à la Politique scientifique, sur le budget de la politique scientifique

Monsieur le président,

madame la secrétaire d'État,

chers collègues,

 

je voudrais rappeler rapidement les coupes budgétaires annoncées: 12 % d'économies sur le personnel, 20 % sur les frais de fonctionnement, 30 % sur les investissements dans les établissements scientifiques et culturels, 16,5 % de diminution de subsides à l'Opéra royal de la Monnaie. Madame la secrétaire d'État, nous assistons à un double assassinat! Vous réduisez violemment le budget des institutions, ce qui empêchera toute ambition et tout rayonnement au niveau international, tant au niveau scientifique que culturel. Vous les étouffez sciemment! De plus, vous vous attaquez aux structures. L'autonomisation annoncée ne répond à aucune rationalité économique. Pire, elle empêchera toute synergie et mènera à un fonctionnement beaucoup plus coûteux de chacune de ces institutions.

 

Nous assistons ici au démantèlement planifié et réfléchi de toute la politique scientifique et culturelle belge fédérale!

 

Je peux comprendre qu'un parti séparatiste s'attaque aux institutions qui font rayonner la Belgique. Je peux comprendre qu'un parti séparatiste s'en prenne à tous les symboles d'unité de cet État. Mais j'ai du mal à comprendre que ces attaques frontales soient portées par l'ensemble du gouvernement, avec un vice-premier ministre, M. Reynders – que nous interrogerons dès son retour –, qui diminue drastiquement les subventions de l'Opéra.

 

Madame la secrétaire d'État, quelle est la réalité de ces chiffres? Quelles sont vos priorités? Qu'est-ce qui va disparaître? Doit-on s'attendre à ce que nos musées ferment un jour de plus par semaine, comme au Portugal ou en Italie? Les prix de ces musées vont-ils augmenter? Envisagez-vous la communautarisation ou la fermeture de certains de nos établissements culturels et scientifiques? Enfin, quelle place donnez-vous à la culture dans cet État?

Réponse de Elke Sleurs, secrétaire d'Etat à la Politique scientifique

La politique scientifique couvre un domaine extrêmement varié. Celui-ci comporte la

recherche scientifique fondamentale et appliquée, ainsi que des institutions comme la Cinématèque Royale de Belgique, le musée René Magritte et le Musée de l'Iguanodon. L'astronautique, l'IRM et la recherche dans l'Antarctique sont aussi de ma compétence.

 

Les trois institutions culturelles fédérales – Bozar, l'Orchestre National de Belgique et la Monnaie – sont de la compétence du ministre Reynders.

 

L'accord de gouvernement est très clair en ce qui concerne la politique scientifique. Il

constitue une excellente base pour définir à brève échéance une vision politique reposant sur un soubassement solide.

 

Avec le gouvernement, j'estime primordial de continuer à financer la recherche fondamentale. Le prix Nobel de François Englert rappelle la nécessité de soutenir davantage la recherche fondamentale.

 

Pour rencontrer les objectifs européens en matière de Research and Development et d'innovations, le gouvernement envisage une meilleure concordance politique vis-à-vis des Régions. Nous réaliserons un inventaire des aides, primes et subsides fédéraux consacrés à la recherche, pour identifier les opportunités et les complémentarités possibles. On pérennisera aussi la dispense de précompte professionnel pour les chercheurs.

 

Sur la base d’une politique scientifique bien charpentée, il est parfaitement possible d’amorcer une dynamique passant par une coopération internationale performante.

 

En matière de personnel, de fonctionnement et d’investissements, la Politique scientifique est soumise au même régime d’économies que les autres services publics fédéraux.

 

J’étudierai comment, par le biais d’une coopération maximale dans le domaine de la politique scientifique, créer des synergies et générer des gains d’efficacité.

 

Je tiens à nuancer les informations diffusées par les médias. Inutile de semer la panique. Des exceptions sont en effet prévues, par exemple pour les pôles d’attraction interuniversitaires, le programme Airbus et certains contrats R&D. À la

suite des décisions d’économies prises par le précédent gouvernement, 10 millions d’euros de dépenses sont bloqués au budget du SPP Politique scientifique.

 

La structure de la politique scientifique sera modernisée et harmonisée pour s'adapter aux standards d'aujourd'hui.

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