Question de Laurent Devin à Joëlle Milquet, ministre de l'Intérieur, sur les besoins de la Computer Crime Unit

Madame la Ministre,

 

La lutte contre la criminalité informatique est une des priorités fixées par le Gouvernement en matière de politique policière. Vous nous avez annoncé récemment l’arrivée de 50 agents supplémentaires pour renforcer les équipes en place. Quand on voit les chiffres et l’explosion de la criminalité informatique ces dernières années, on ne peut que se réjouir de cette décision !

 

Malheureusement, je dois vous faire part de mon inquiétude quant à l’efficacité de ce renfort. Si j’en crois les communications de certains syndicats policiers, il semblerait que les autorités pensent que la lutte contre la criminalité informatique se mène avec un crayon et du papier. Les agents en place en sont réduits à se cotiser pour acheter eux-mêmes les licences d’exploitation nécessaires. Des agents doivent utiliser du matériel saisi pour effectuer leur travail. Du matériel de qualité est inutilisé parce que le budget pour remplacer des pièces ne suit pas.

 

Madame la Ministre, mes questions seront donc simples :

 

- Comment se fait-il qu’une unité de pointe comme la CCU ne dispose pas du matériel nécessaire à l’accomplissement de sa mission ?

 

- Quelles mesures seront prises pour pallier à cette situation et pour assurer que le renfort en personnel ne sera pas rendu inefficace par l’absence de matériel ?

Réponse de Joëlle Milquet, ministre de l'Intérieur

La police dispose d'un budget suffisant pour les missions relatives à la FCCU et à la Regional Computer Crime Unit (RCCU). Nous avons cependant identifié trois problèmes.

 

Le premier réside dans la manière dont les marchés publics, notamment ICT, sont menés à la police (marchés mal ficelés, recours, perte de capacités budgétaires, etc.). C'est un problème de management interne. Le gouvernement a donc demandé à Fedict d'améliorer, avec les services ICT de la police, la procédure des marchés publics. Le tout n'est pas d'avoir des marchés publics; il faut aussi une hiérarchie. Les RCCU, les nouvelles technologies sont les premières priorités, tout comme les unités spéciales.

 

Le deuxième problème est celui de l'Inspection des Finances. À l'avenir, les procédures seront plus ouvertes, moins rigoristes avec une acceptation des marchés publics beaucoup plus rapide par l'Inspection des Finances.

 

Le troisième problème consiste en l'absence de flexibilité des directions judiciaires, notamment celles de la PJ de Bruxelles, en matière de marchés publics pour de petites applications. La lourdeur des procédures de marchés publics centralisées et les règlements actuels empêchent d’agir à temps. Il faut qu'un service puisse lancer lui-même des petits marchés publics visant à adapter les nouvelles technologies à l'évolution du marché.

(NB: Seul le texte prononcé fait foi.)

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