Question de Karine Lalieux à Elio Di Rupo, Premier ministre, sur le départ du CEO Johnny Thijs de bpost

Monsieur le Premier ministre,

Comme il l’a annoncé lui-même en décembre dernier, Mr Thijs quittera bpost au terme de son second mandat. Je voudrais rappeler un élément de première importance qui semble être passé un peu à la trappe : c’est Mr Thijs qui a opéré ce choix, c’est une décision personnelle que le patron de la poste a prise en son âme et conscience.

 

Alors, oui, on peut supputer sur les raisons de son départ, et chacun peut avoir son interprétation personnelle. Mais lorsque l’on se souvient des propos de Mr Thijs dans le débat sur la rémunération des CEO de la SNCB, et des autres EPA – if you give peanuts, you’ve got monkeys - il est tentant de faire le lien avec la réduction de la rémunération décidée pour la direction de bpost… Personnellement je ne le ferai pas ; et je respecterai le choix de Mr Thijs.

 

Ce départ décidé par l’intéressé ne doit donc pas être vu en fonction d’autres éléments. Il ne s’agit pas non plus d’une remise en question de la qualité du travail de son travail - qualité reconnue également par le groupe socialiste, même si nous avons dû mener des débats difficiles avec l’entreprise sur certaines réformes menées sur des terrains autres que financiers. Je pense par exemple aux conditions de travail des facteurs, de plus en plus pénibles, ou à celles des « facteurs auxiliaires ».

 

Bref, Monsieur le Premier ministre, la page Thijs se tourne et il me semble important de parler plutôt de l’avenir de cette entreprise publique et de son futur dirigeant. Aussi, pouvez-vous nous dire où en est-on dans la phase de recrutement du nouveau CEO de bpost et quel est le profil recherché pour succéder à Mr Thijs ?

Réponse d'Elio Di Rupo, Premier ministre

Le 18 décembre dernier, le Conseil des ministres restreint a décidé de plafonner le salaire du nouveau CEO de Belgacom à 650 000 euros et de soumettre le nouveau CEO de bpost au même régime. Cette décision est conforme à l’accord de gouvernement.

 

Il a également été convenu que si M. Thijs était disposé à prolonger son mandat pour un terme d’un ou de deux ans, une éventuelle dérogation à la règle précitée pourrait être négociée. Il avait en effet lui-même fait état de cette possibilité. Le Conseil des ministres restreint a décidé d’ouvrir des discussions à ce sujet avec M. Thijs.

 

M. Thijs ayant manifesté le souhait de me rencontrer personnellement, le ministre des Entreprises publiques m’a laissé le soin d’amorcer les discussions. Le 21 décembre 2013, j’ai reçu M. Thijs et le président du conseil d’administration chez moi, à Mons. Je souhaitais négocier sur la base de la décision du Conseil des ministres restreint, mais d’emblée, M. Thijs a déclaré qu’il ne désirait pas prolonger son mandat, même à titre temporaire. Il a toutefois indiqué qu’il était prêt à continuer à diriger l’entreprise jusqu’à la nomination d’un nouveau CEO. La question du salaire n’a pas été abordée lors de cette rencontre.

 

M. Thijs m'a demandé une stricte confidentialité sur ses intentions, pour en donner la primeur au CA de bpost, ne pas perturber le cours de l'action et respecter les procédures.


Le 23 décembre, M. Thijs a informé les administrateurs de son choix de ne pas poursuivre son mandat. Le CA a entamé les procédures pour recruter le nouveau CEO et M. Thijs poursuivra son mandat dans l'intervalle.
Une procédure existe chez bpost, conformément à un accord d'actionnaires. Elle devra être appliquée, avec célérité.

S'il y a eu un malentendu au sujet de la décision du comité ministériel restreint concernant M. Thijs ou de l'appréciation portée sur le travail qu'il a accompli, le gouvernement le déplore car il respecte énormément les efforts que M. Thijs a fournis à la tête de bpost.


Il faut à présent faire au plus vite pour mener à bien les procédures entamées pour trouver un nouveau CEO. Le gouvernement doit pouvoir désigner sans tarder un successeur adéquat à M. Thijs, comme il l'a fait à Belgacom en désignant Mme Leroy en qualité de CEO. Je saisis cette occasion pour la féliciter au nom du gouvernement et pour lui souhaiter bonne chance.

Le gouvernement a désigné Mme Dominique Leroy au poste d'administrateur délégué de Belgacom. Je la félicite et lui souhaite beaucoup de succès!

(NB: Seul le texte prononcé fait foi)

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