Les députés PS souhaitent des « téléphones portables de grand danger » pour les victimes de violence

20.000. C’est le nombre de cas de violence physique entre partenaires dénoncés aux forces de l’ordre en 2012. A cela s’ajoutent les violences psychologiques, sexuelles et économiques.

 

Dans la grande majorité des cas de violences physiques graves, ce sont les femmes qui sont les victimes. Même si les campagnes de sensibilisation et le travail des Parquets semblent porter leurs fruits, ce chiffre reste très alarmant.

 

Face à ce constat, les députés PS souhaitent mettre en place un dispositif, pratique, peu coûteux et qui a déjà permis de sauver des vies. Il s’agit de téléphones portables particuliers, mis à disposition des femmes se trouvant en grand danger. Concrètement, en cas de menaces ou de violences, en appuyant sur un simple bouton et sans devoir parler, la personne sera immédiatement signalée à une centrale qui pourra la localiser et enverra immédiatement une équipe de police à son secours.

 

Précision importante, il s’agit de téléphones d’urgence. Ces appareils spécifiques ne seront mis à disposition que sur décision judiciaire et en cas de grand danger. Trois conditions doivent être réunies : la victime doit avoir déposé plainte pour violences intra familiales, le partenaire mis en cause doit avoir fait l’objet d’une interdiction de domicile et d’une interdiction d’entrer en contact avec la victime.

 

Cette expérimentation a fait ses preuves en Espagne et en France. Dans le Bas-Rhin, par exemple, 12 téléphones portables ont ainsi été remis à des femmes en grand danger. 8 de ces téléphones ont été utilisés pour donner l’alerte, entraînant une intervention immédiate de la police et 5 hommes violents ont été incarcérés suite à ces appels. Une expérience similaire a été menée à plus grande échelle en Seine-Saint-Denis. La France va d’ailleurs généraliser le dispositif à l’ensemble du territoire.

 

Le coût d’un téléphone portable de grand danger et du géolocalisateur est de 135 euros par mois et par bénéficiaire. Cette somme est dérisoire au regard des conséquences dramatiques que le dispositif permet d’éviter. « Nombre de victimes n’osent plus quitter leur domicile, faire leurs courses, se rendre au travail. L’expérience montre que ce téléphone portable de grand danger donne aux victimes la force d’entreprendre des démarches juridiques et de retrouver une vie sociale » conclut le député PS Éric Thiébaut. 

 

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