Lutte contre la spéculation alimentaire : les députés PS reviennent à la charge et attendent un sursaut des autres partis

Toutes les 5 secondes, un enfant meurt de faim dans le monde. 57 000 personnes par jour. La spéculation sur les produits alimentaires y est pour beaucoup. Le PS tente depuis longtemps d’y mettre fin. Patrick Moriau en avait fait un combat personnel. Les députés PS viennent de déposer une proposition de loi applicable immédiatement. À l’occasion de la Journée Mondiale de l'Alimentation de ce 16 octobre, ils invitent les autres partis à les rejoindre dans ce combat vital et juste.

 

Chaque jour sur terre, l’équivalent de l’ensemble de la population - hommes, femmes, enfants - d’une ville comme Genk ou Verviers meurt de faim. Chaque nuit, une personne sur huit se couche le ventre vide. La responsabilité de la spéculation sur les produits alimentaires a été démontrée à maintes reprises, notamment par l’ONU et plusieurs Prix Nobel.

 

La première proposition du PS pour interdire la vente de produits financiers basés sur la spéculation sur des produits alimentaires date de mai 2008. Elle a été déposée par Patrick Moriau. À l’initiative du groupe PS, la Commission des Finances s’est penchée plusieurs fois sur cette question. Sans réussir - jusqu’à présent - à dépasser l’opposition de certains groupes politiques.

 

Suite à de nombreux débats et auditions, un nouveau texte est à présent sur la table, écrit par Christophe Lacroix et Dirk Van der Maelen. La proposition se veut constructive. Elle pourrait être applicable immédiatement. Concrètement, le texte des socialistes vise à interdire la commercialisation de produits financiers par les banques aidées par l’État belge et à l’encadrer strictement dans toutes les autres. La constitution de stocks afin d’influer sur les prix sera interdite.

 

La proposition vise aussi à informer le public de l’activité des banques en la matière (celles non concernées par l’interdiction). La FSMA - le gendarme financier - devra publier mensuellement un rapport reprenant les produits vendus par chaque établissement financier. Ce rapport mensuel permettra donc d’identifier les banques qui spéculent sur la faim afin d’en informer les clients et de les conscientiser.

 

Pour Christophe Lacroix, député PS et président du Fonds belge pour la sécurité alimentaire, le principal argument des conservateurs selon lequel la Belgique ne peut avancer seule ne tient désormais plus. « Il est faux de dire que nous devons attendre l’Union européenne ou les pays voisins pour légiférer. Des pays comme la France, l’Allemagne, la Suisse ou même les USA ont déjà pris des initiatives pour contrer cette spéculation morbide. Rien ne nous empêche donc d’avancer rapidement. J’invite les autres partis à faire preuve de lucidité, à rejoindre ceux qui refusent cette injustice et à concrétiser ce combat dans leurs votes».

 

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