Situation au Burundi : Si le gel de l’aide belge au processus électoral se justifie, une action diplomatique parallèle s’impose !

Par Stéphane Crusnière, député fédéral socialiste

Le Parti socialiste, via son président, a condamné fermement toutes les atteintes aux libertés individuelles et les répressions sanglantes de ces derniers jours au Burundi.


Depuis, dans le communiqué du Groupe PS du lundi 11 mai, nous avons regretté la frilosité diplomatique du gouvernement vis-à-vis de la situation au Burundi.


Si le gel de l’aide belge à l’organisation de ces élections se justifie, il ne constitue pas une solution de fond à la crise politique, à la répression et aux atteintes aux droits de l’Homme dans ce pays partenaire de notre Coopération au développement.


Nous saluons par ailleurs avec force la décision belge d’interrompre notre coopération policière avec le Burundi face à ces exactions qu’encore une fois nous condamnons.


Cependant, au-delà de ces décisions, il reste pour moi essentiel que la Belgique soutienne activement l’organisation d’élections démocratiques et transparentes au Burundi dans le cadre du glissement du calendrier électoral demandé par l'envoyé spécial de l'UE pour la région, Koen Vervaeke.


Si la situation actuelle ne réunit pas les conditions pour que ces élections respectent les accords d’Arusha, que les tensions actuelles ne permettent pas d’assurer la libre expression des burundais dans le choix de leurs élus, il faut en effet évidemment les reporter. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il faut abandonner les Burundais dans cette situation extrêmement difficile.


Notre pays a le devoir moral de les soutenir AVANT, PENDANT et APRES ce processus ! Nous ne pouvons pas fermer les yeux et nous contenter de suspendre le paiement de 2 millions d’euros pour le financement des élections. Les Burundais méritent que la Belgique maintienne son aide au développement à la population et également sa pression diplomatique pour la fin des exactions dans ce pays et la tenue d’élections transparentes respectant les accords d’Arusha.


La frilosité du gouvernement, réside dans le fait qu’il ne se positionne pas sur la volonté de Pierre Nkurunziza de briguer un 3ème mandat. Un 3ème mandat qui est pour nous en totale opposition avec les accords d’Arusha et qui ne peut dès lors être accepté par la Communauté internationale.


Le gouvernement belge ne se prononce pas non plus sur l’impérative nécessité d’imposer le rétablissement de la liberté de la presse, le respect des libertés individuelles, le respect de l'opposition et la libération des opposants. Nous devons fermement plaider pour le retour à plus de démocratie, pour le retour de la liberté de la presse qui a un rôle essentiel à jouer dans la transparence des élections.


Je suis convaincu que des élections doivent se tenir le plus rapidement possible, sans s'enfermer dans le calendrier électoral actuel, quand toutes les conditions seront réunies pour qu'elles soient libres et démocratiques afin que le peuple burundais puisse choisir en toute liberté son président conformément aux accords d’Arusha.


Je terminerai en ayant une pensée pour toutes les victimes de ces derniers mois au Burundi, pour toutes les personnes emprisonnées, pour toute la population qui souffre. Je veux croire en la démocratie dans ce beau pays, j'en appelle donc à la responsabilité de chacun pour que ce pays et toute la région des Grands Lacs retrouvent leur stabilité.

Aide à la tenue d'élections démocratiques au Burundi le PS regrette la frilosité belge

Le ministre De Croo a décidé de geler 2 des 4 millions d’euros initialement prévus pour soutenir l’organisation d’élections démocratiques au Burundi.


Le député PS Stéphane Crusnière s’interroge sur la motivation profonde de cette décision : « il était important pour la Belgique, en tant que partenaire privilégié du Burundi, de soutenir l’organisation d’élections transparentes et ainsi permettre l’alternance politique telle que prévue dans les accord d’Arusha. Que doit-on déduire de ce revirement soudain du Ministre de la Coopération au développement ? Un blanc-seing à la candidature de trop de Pierre Nkurunziza ? ».


Le député socialiste, qui participera en tant qu’observateur du Parlement belge au processus électoral qui se tiendra dans moins d’un mois, est inquiet : « retirer cette aide n’a pas d’autre utilité que mettre en péril la tenue même de ces élections ! Les Burundais méritent pourtant de pourvoir choisir librement leur président et ce, sans risquer les répressions sanglantes et les atteintes aux libertés individuelles que nous condamnons fermement ».


Pour le groupe PS, une stabilité démocratique et politique est essentielle pour que ce pays - l’un des cinq pays les plus pauvres du monde en termes de PIB - puisse faire face, avec l’aide internationale, aux problèmes de famine et de pauvreté qui touchent durement sa population. Dans ce cadre, le Groupe PS s’opposera fermement à toute réduction des aides actuellement octroyées à la population burundaise.

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