Avec son saut d’index, le gouvernement Michel tente d’imposer sa vision très personnelle de la promotion de l’emploi

Le gouvernement Michel a déposé dans l’urgence un projet de loi concernant la « promotion de l’emploi » en Commission Affaires sociales de La Chambre.


On aurait pu espérer que ce projet reprenne des dispositions qui conditionnent les aides accordées aux entreprises à la création effective d’emplois… qui améliorent la formation des travailleurs… qui proposent un aménagement de la fin de carrière pour les travailleurs âgés… qui soutiennent l’innovation et la productivité de nos entreprises…


Mais non. Rien de tout cela.


C’est sous cette dénomination hautement cynique de « promotion de l’emploi » que Charles Michel et son équipe entendent diminuer le pouvoir d’achat de tous les Belges en instaurant le saut d’index. Qu’ils suspendent l’obligation de formation des travailleurs. Qu’ils diminuent les frais supportés par l’employeur en cas de licenciement collectif.


Ce gouvernement, trop occupé à matraquer les travailleurs, n’a par contre pas pris le temps de s’occuper de l’écart salarial entre hommes et femmes : ce sera pour dans quelques mois.


Le groupe PS, par la voix de Laurette Onkelinx, Jean-Marc Delizée, Eric Massin et Frédéric Daerden, s’opposera avec force au vote de ce projet totalement contre-productif tant sur le plan du maintien à l’emploi que de la création de nouveaux emplois.


Parce qu'avec le saut d’index, le gouvernement Michel va faire perdre 267 euros par an aux demandeurs d’emploi, 511 euros à un pensionné qui bénéficie d’une pension moyenne, 151 euros à une caissière, 398 euros à un salarié bénéficiant du salaire moyen et 463 euros à un comptable avec 10 ans d’ancienneté.


Parce que ce gouvernement MR/N-VA s’entête à ramer à contre-courant de toute logique économique, en dépit de l’avis de la plupart des spécialistes : ce n’est pas en diminuant le pouvoir d’achat des Belges qu’on stimulera notre économie.


Parce que grâce au pacte de compétitivité lancé par le gouvernement Di Rupo, l’écart salarial aurait naturellement été résorbé en 2016, sans saut d’index.


Parce que ce n’est pas en appauvrissant les travailleurs qu’on améliorera la compétitivité des entreprises.


Parce que pour les députés socialistes, ce projet n’apporte tout simplement aucun souffle ni aux travailleurs, ni à l’économie de ce pays.


C’est au contraire au travers de projets « symboles » comme celui-ci que l’idéologie libérale révèle les intérêts qu’elle sert et son décalage avec l’économie réelle.

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